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  • : Les livres de Sara
  • : De la lecture, du second degré, et parfois de la littérature !
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J'en suis...

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:00

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ6M9xcuJOMw9SObaodpJg3PEmO78eTtrtfQkNTGvRchuESuoicdAJe n'aime pas beaucoup les thrillers mais ceux de Pierre Lemaitre se distinguent par leur maîtrise et leur efficacité. C'est donc avec intérêt que je me suis jetée sur Alex...

 

Un peu d'histoire...

Au début du roman, nous faisons connaissance avec Alex, une jeune femme, plutôt jolie qui aime changer d'allure au gré de ses envies... C'est en sortant d'un magasin de perruques que la jeune femme se fait enlever en pleine rue. Son ravisseur l'enfourgue dans une camionnette. Alex ne tarde pas à comprendre que son calvaire ne faire que commencer. Terrorisée, elle offre son corps à l'homme en lui promettant de ne jamais rien dire à la police s'il lui laisse la vie sauve. Mais l'homme n'a manifestement aucune intention de la violer : le traitement qui lui réserve est bien pire. En effet, il l'emmène dans un hangar desaffecté où il l'enferme dans une cage suspendue, très étroite. Nue, coincée, Alex connait un supplice infernale. Pendant ces dernières heures qui lui reste à vivre, elle cherche à comprendre la raison de son enlèvement. Cet homme serait-il un amoureux éconduit ? Il ne lui semble pas...Ce qu'elle va finir par découvrir est bien pire encore. Mais pire pour qui en fait ?

 

Un peu d'avis...

Difficile de ne pas spoiler ce roman dont l'intérêt principal réside dans un revirement de situation dont je ne dirai rien. J'ai trouvé ce revirement de situation absolument génial même si au final, j'ai davantage aimé la première partie du roman, donc celle "avant" le revirement. Après, le récit m'a paru un peu répétitif, moins passionnant... Paradoxalement, c'est sans doute une partie beaucoup plus rythmée. Pourtant, elle m'a vraiment moins emballée que la première. Le début du roman, relatant le calvaire d'Alex, est absolument incroyable : il ne se passe rien et pourtant, le lecteur reste scotché au roman. 

Ce thriller est, d'une manière générale, très bien construit, Lemaître parvenant à nous tenir en haleine d'un bout à l'autre. Le suspense est  vraiment bien orchestré et c'est vraiment le point fort des romans de Lemaitre. Plus le récit avance, plus le lecteur doute : et si l'histoire qui nous lisions n'était pas du tout celle que l'on croit ? Evidemment, on retrouve dans Alex l'inspecteur Camille Verhoeven à l'esprit toujours aussi aiguisé. Cette enquête renvoie Camille à son drame personnel, d'où l'énergie déployée par l'inspecteur pour retrouver le lieu de séquestration de la jeune femme... Je dois dire que j'ai trouvé le personnage beaucoup moins sympathique que dans Travail soigné. En revanche, ses acolytes sont bien croqués et leur portrait réserve toujours une bonne dose d'humour et/ou d'ironie. On finit par s'attacher à cette bande de flics mal assortis qui font toujours mouche. Les dialogues sont d'ailleurs souvent assez bien écrits et le style sobre de Lemaître se révèle particulièrement efficace. 

Un élément est venu me gacher malgré tout un peu la lecture : la fin. En effet, je l'ai trouvée assez "moraliste": les méchants sont punis, le lecteur peut dormir tranquille. D'accord. J'attends d'un thriller qu'il me "secoue" un peu plus que cela...Or jusqu'aux dernières pages, le contrat était parfaitement rempli. Dommage. Il reste tout de même l'histoire personnelle d'Alex que l'on découvre et qui est particulièrement terrible. Au final, Alex reste tout de même un excellent thriller. Ames sensibles s'abstenir.  

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 08:04

Ce billet marque le début officiel de ma participation au challenge de Karine "Gilmore Girls" dont je vous avais parlé ici

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41rXNNNM6WL._SL500_AA300_-copie-1.jpgUn peu d'histoire...

Milieu du XXe siècle, Jane soigne sa soeur, Blanche, ancienne star hollywoodienne, depuis des années maintenant. Blanche a été blessée dans un accident de voiture et est restée handicapée. En soeur dévouée, Jane a donc pris soin de sa soeur : elle la sort, lui apporte ses repas dans sa chambre... Mais Blanche ne supporte plus que Jane se mêle sans arrêt de ses affaires et décide de vendre la maison, dont elle est la propriétaire, sans en faire part à Jane.

Cette dernière découvre ce qui se trame derrière son dos et ne compte pas en rester là. Pour se venger, elle change de comportement avec Blanche qu'elle commence à négliger...Mais pourquoi tant de haine? Pour le comprendre, il faut remonter au début du siècle où Jane était une enfant star : elle savait jouer, chanter, danser...Une vraie petite Shirley Temple avant l'heure. Mais elle a grandi, est devenue moins jolie et s'est révélée être une actrice médiocre. Jane n'amusait plus personne. Les studios vont alors s'intéresser à sa soeur, Blanche, une jolie brune discrète...  

 

Un peu d'avis...

Baby Jane va vous hanter longtemps, encore plus si vous avez vu le film... Je l'ai vu quand j'étais vraiment très jeune et il est depuis rentré dans mon panthéon des films cultes. Jane est un personnage à la personnalité pourtant sommaire : elle vit dans son passé glorieux, ce qui est d'autant plus glauque qu'elle n'était rien de plus qu'une enfant star de pacotille. Mais les studios américains, avant de fabriquer des stars, fabriquent surtout des monstres : imbus d'eux-mêmes, ivres de leur succès, ils ne tolèrent pas l'indifférence, l'oubli, la chute... Leur égo est au final bien fragile. Le parcours de Jane nous parait très "modern" : dérive, alcool, coups de folie...La vie de celles qu'on appelle les "stars" ne semble pas beaucoup avoir évolué en cent ans. Los Angeles est bien connue pour dévorer ses enfants préférés : Jane ne fera pas exception.

Mais est-ce vraiment le succès qui a rendu Baby Jane folle ? J'ai aimé les retours en arrière qui montrent l'enfance de nos deux héroines: leur vie familiale, leur relation et surtout la différence d'égard du père envers Jane -qu'il  vénère et Blanche -qu'il délaisse. Mais l'enfant star est-elle vénérée par ses parents pour ce qu'elle est ou pour ce qu'elle leur rapporte? Toutes les scènes où Baby Jane apparait montrent une petite fille qui doit s'entraîner, répéter les chorégraphies, apprendre les chansons... Mais est-elle aimée? Ou aime-t-elle surtout être aimée? Pas de réponse tranchée mais il faut voir le père de Jane faire répéter sa fille comme les dresseurs le font avec les animaux. Il fabrique un freak- que ne renierait pas Tod Browning- pour mieux la posséder... avant de la déposséder complètement d'elle-même. Quand elle finira par n'être plus un "baby", ce sera le début de sa descente aux enfers.

Le roman, basé sur un jeu d'oppositions basique -la gentille soeur vs la folledingue-, manque cruellement de subtilités sur le fond. Soyons honnête, la finesse n'est pas sa qualité principale. Toutefois là où le roman est vraiment fort, c'est au niveau du rythme qui commence posément pour faire monter une tension crescendo. Rapidement, l'ambiance de cette maison si tranquille va devenir opressante, à la limite de l'insoutenable. Et en plein dans l'horreur, il subsiste des moments de grâce, comme la scène de la plage, où la folie prend une autre dimension: perdu quelque part entre terre et mer, l'esprit de Baby Jane divague avant de se perdre définitivement. Mystérieuse et insaississable, Jane, tout au long du roman, suscite le dégoût comme la fascination. Au final, Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? est un livre qui marque le lecteur moins par ses qualités littéraires que par son personnage principal, dérangeant -et dérangé- à souhait...

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 08:58

un_employe_modele.jpgC'est parti pour ma première lecture commune séquence émotion avec la merveilleuse Lili et notre choix s'est naturellement porté vers ce roman que nous voulions lire toutes les deux. Et je remercie au passage Noukette pour le prêt de ce livre...   

 

Un peu d'histoire....

(musique de la pub Royal Canin Ennio Morricone en fond sonore) Dôté d'un QI proche de celui de Carla Bruni du néant, Joe Middleton est homme de ménage technicien de surface dans le commissariat d'une petite ville de Nouvelle Zélande: Christchurch Mouarf ! Tout le monde l'apprécie et considère qu'il est très utile, participant à la bonne santé mentale de tout le service. De son côté, Joe semble être un employé docile, entièrement dédié à la cause "hygiènique" des policiers. Si ses collègues l'aiment beaucoup, c'est surtout Sally qui s'attache à prendre soin de l'homme de service dans lequel elle croit retrouver son jeune frère décédé.

(Changement de DJ: musique de Heavy metal en fond sonore) Mais voilà, Joe n'est absolument pas débile, ni même gentil: en réalité, c'est un tueur en série qui surkiffe sa race adore violer des jeunes filles et les tuer. Pas toujours dans cet ordre là d'ailleurs.  Si Joe joue un rôle, c'est évidemment pour avoir accès à toutes les informations précieuses que récolte la police sur le fameux tueur, baptisé le nom original de "boucher", c'est-à-dire lui-même. Ainsi, il prend plaisir à connaitre les suppositions des policiers, se moque de la crétinerie de Sally, fait semblant de s'investir dans sa tache. Comme cette double vie ne suffit pas à Joe, il ment aussi à sa tarée de mère qui le pense vendeur de voitures. Avec tous ces mensonges, il y a de quoi devenir encore plus taré...si c'est possible, évidemment. 

Un matin, Joe apprend que le boucher a encore frappé: une femme a été tuée selon un mode opératoire similaire au sien. Mais pour une fois, il n'y est pour rien et il est furieux qu'un plagiaire lui fasse endosser un crime qu'il n'a pas commis clair que le plagiat, c'est over super vilain !! Joe va donc se mettre à chercher activement le copieur afin de lui faire bouffer ses boyaux par l'anus payer. Mais lorsqu'il croise un soir la jolie Melissa -qui a tout pour devenir une de ses futures victimes-, la chasse prend une autre tournure. Et si pour une fois, tout ne se passait pas comme Joe l'avait prévu  ?   

 

Un peu d'avis...

Dans le genre "tueur en série", Joe s'impose avec une "coolitude" appelez-moi Ségolène absolue: décontracté, cynique, lucide, franchement drôle. Il serait le meilleur pote de l'univers entier s'il ne se plaisait pas à tuer - de manière assez sadique- ses victimes. Dans ce roman, Cleave peint un personnage assez malin qui oscille entre horreur absolue et naiveté confondante. Pour exemple, Joe est fou de ses deux poissons rouges LOL et de sa mère. Cette dernière est quand même le personnage réussi du livre car elle incarne le cauchemar absolu de tout être humain: autoritaire, envahissante, cinglée, elle est la clé pour comprendre l'histoire de Joe. A sa place, je serais devenue moi aussi tueuse en série, sauf que j'aurais commencé par la buter elle. Pourtant, Joe -très endurant -va diner chez elle, supporte ses manies agacantes, souffre quand elle lui raconte sa nuit passée aux WC avec une gastro. Cette dernière scène m'a valu un énorme éclat de rire dans un wagon de RER consterné par ma réaction. Il y a aussi la scène de la douche, forcément culte, que je n'ose pas déflorer Ahum... car elle est juste hallucinante.

Evidemment, le personnage de Joe n'échappe pas aux clichés du tueur en série même s'il est un peu plus drôle que la moyenne. Mais son cynisme, son égo démesuré, ses problèmes sexuels non résolus, sa famille assez déroutante n'ont rien de particulièrement original. Même si je ne suis pas une experte en matière de thrillers, tout cela donne l'impression de "déjà lu". Aussi, le récit tourne vite en rond car ce personnage -aussi sympathique soit-il - est redondant, à l'image de sa vie assez peu excitante. Mais l'arrivée bienheureuse de Melissa sauve le récit en lui insufflant une nouvelle énergie: après la scène de rencontre avec la jeune femme, le lecteur est bien réveillé, en alerte. Attention, le choc de cette rencontre est vif: j'ai lu des scènes horribles mais celle du parc est sans aucun doute la plus terrifante - parce que très réaliste- que j'ai jamais lue. Il y a pour le lecteur comme pour Joe un avant et un après Melissa, c'est indéniable.

La fin manque un peu d'originalité mais je dois avouer que la morale sous-jacente m'a fait sourire et me conforte dans l'idée qu'il faut toujours se méfier des cons imbéciles. La plume de Cleave est efficace mais ne m'a pas paru exceptionnelle: elle atteint son but, point barre. J'avoue avoir été très déçue à ce niveau-là car je m'attendais à une écriture plus travaillée. En revanche, j'ai beaucoup aimé l'alternance de points de vue qui apporte une autre dimension au roman: nous avons accès en effet majoritairement au récit de Joe raconté à la 1ere personne mais aussi au point de vue d'un autre personnage, cette fois-ci à la 3e personne. Un procédé que j'ai trouvé assez intéressant. Dans l'ensemble, ce roman n'est donc pas dénué de qualités mais il reste un thriller avec les défauts liés -trop souvent selon moi- à ce genre. Toutefois Cleave impose dans ce premier roman un univers non dénué d'intérêt et je lui propose d'écrire un spin-off sur le personnage de la mère de Joe: succès assuré. Quoi qu'il en soit, il me parait évident que l'on n'a pas fini d'entendre parler de Paul Cleave...à tort ou à raison. 

Les avis de Noukette, Stéphie et Sandrine.

 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 07:33

images-copie-19Dans le monde sanglant des tueurs en série, Ted Bundy figure en bonne place : il aurait violé et tué plus d'une centaine de femmes. Quand il est finalement confondu, les américains ne se doutent pas que le feuilleton judiciaire ne fait que commencer...J'ai eu envie de relire ce livre (qui tombe en ruines...) grâce à Blueverbena qui a chroniqué récemment un livre sur les tueurs en série. 


Un peu d'histoire...

Né aux USA au milieu des années 40, Ted Bundy est l'enfant naturel d'une toute jeune fille et de père inconnu. Durant son enfance, il change de nom trois fois afin de cacher cette origine -honteuse dans les années 50- pour finalement adopter le nom de son beau-père : Bundy. Ted est un garçon aimé qui vit une enfance paisible, même si l'annonce de sa véritable origine le bouleverse un temps. Il poursuit de brillantes études et rencontre Stephanie, une jeune fille très riche. Mais à l'époque, Bundy ne sait pas trop ce qu'il veut faire, entamant plusieurs cursus universitaires, sans jamais les achever. La jeune fille voit bien que ce jeune homme indécis ne sera pas l'homme de sa vie. Elle le quitte.

Peu de temps après, il rencontre une jeune divorcée, Meg, qui a quitté son époux quand elle a découvert que c'était un ancien détenu c'est ce qu'on appelle l'ironie tragique. Femme douce et plutôt effacée, Meg est très conne amoureuse de Ted...Ce dernier commence des études en psychologie puis en droit. Il participe bénévolement le soir à une association qui vient en aide à des suicidaires: il est très doué pour réconforter les gens au téléphone et a sauvé ainsi de nombreuses vies. C'est là qu'il rencontre Ann Rule qui fait des études en criminologie et aide la police sur certaines affaires.

Vers la fin des années 70, Ted et Ann sont vraiment de très bons amis, sortant souvent ensemble. Ted a pris confiance en lui et bien qu'il soit toujours avec Meg, il renoue avec son ex-petite amie, Stephanie. Evidemment, cette dernière ignore l'existence de Meg. Ted joue les amoureux, parle de s'engager...Stephanie est entièrement séduite par cet homme qui n'a plus rien à voir avec l'étudiant indécis: il a beaucoup d'ambition. Puis brusquement, il prend ses distances, et bientôt ne donne plus signe de vie. Ted Bundy vient de se venger. 

Quelque temps plus tard, Ann Rule a vent d'une affaire sur laquelle elle commence à travailler: des jeunes filles disparaissent. Le mode opératoire du tueur se fait jour: beau, gentil, souriant, l'homme se fait passer pour blessé auprès des jeunes filles qu'il aborde, en leur réclamant de l'aide. Ted Bundy, l'un des tueurs en série les plus virulents du XXe siècle, vient de naître...

 

Un peu d'avis...      

TED-BUNDY-AOUT-AUGUST-2011-BLOGPARFAIT.jpgAvant Ted Bundy, les USA s'imaginaient (mode "bande de débiles" on) que les tueurs en série étaient des vilains pas beaux complètement cons qui avaient tous tués des petits chats avant leur dixième anniversaire (mode "bande de débiles" off). C'est vous dire la stupeur de ces toujours très surprenants américains quand ils ont découvert que le meurtrier sadique qui violait parfois avec des objets très inattendus, puis tuait et mangeait non je plaisante, je dis ça juste pour faire dans le sensationalisme de jeunes filles innocentes était un type beau, souvent très gentil, intelligent et considérait les vélos comme se amis véridique ! Ted Bundy ne correspond pas du tout au profil type établi même si l'on n'irait quand même pas jusqu'à affirmer qu'il est le mec idéal. Il n'empêche des milliers de femmes l'ont soutenu pendant son procès et ce, jusqu'à sa mort...

Le livre montre bien comment Bundy montre différentes facettes de sa personnalité retorse, oscillant entre vraie narcissisme tendance pervers tyrannique l'homme idéal, en somme et une vraie gentillesse tendance pauvre type perdu. Ann Rule, elle-même s'y perd et j'ai été sensible à ses incertitudes, puis à son désarroi face à l'annonce de la culpabilité de son ami. D'une manière générale, l'enquête est décrite avec beaucoup de minutie, peut-être même un peu trop et l'on se perd parfois dans les noms des détectives qui y travaillent, des les différents Etats dans lesquels les crimes ont été commis mais âmes sensibles ne lisez pas ce qui suit dans les victimes. Et c'est ignoble, je sais j'ai trouvé le récit de ces différents meurtres très ennuyeux car très redondants (c'est le même mode opératoire) et très nombreux (plus de trente victimes). Le récit s'emballe davantage lors de ses évasions et au final de son procès où Bundy déploie des trésors d'invention pour gagner du temps/susciter la sympathie/se montrer sous son meilleur jour.

Evidemment il subsiste jusqu'aux dernières pages un doute: est-il coupable? Mais tout finit par voler en éclats. Il est étonnant -et passionnant aussi- de constater à quel point il était difficile à l'époque de confondre un tueur: sans ADN, les preuves sont minces... Son amie, Ann Rule, le soutient quoi qu'il arrive, lui rendant des visites, lui écrivant des lettres et suivant l'affaire de près. Elle le soutient c'est évident...mais le manpule aussi parfois, et l'utilise beaucoup. Dans ce monde déserté par l'Amour et l'Empathie musique de violons en fond sonore le lecteur n'est pas con dupe : Ann Rule savait qu'elle écrirait ce livre, et ce bien avant de savoir qu'elle mettait en cause un de ses amis. L'aurait-elle vraiment écrit s'il avait concerné une personne qu'elle connaissait pas? Elle dit que oui, je pense que non. D'ailleurs, sa propention à se justifier sur la parution de ce livre laisse à penser que ses motifs ne sont pas glorieux. N'oublions pas que ce livre était pour elle le début d'une formidable carrière littéraire...

Ce n'est pas le seul problème déontologique oui j'emploie des mots de trois syllabes  que pose le livre. En effet, Rule ne cesse de se proclamer en faveur de la peine de mort: pour elle, il est juste que Bundy soit tué. Une position un peu difficile pour moi à cautionner, d'autant Ted bordel sa mère! est son ami ou pas. Evidemment, l'auteure nous donne des pistes pour expliquer son "problème" avec les femmes : sa mère bien sûr les mères sont TOUJOURS responsables, sa relation avec Stephanie les riches sont TOUJOURS responsables...Et Bundy, alors, qu'en dit-il ?Et bien avant d'être exécuté, il a donné une célébrissime interview télévisée dans laquelle il donne une explication absurde qui passerait même pour cocasse si l'on oubliait les victimes sur l'origine de son mal. Aussi, cette interview permet de prendre conscience de deux choses : Bundy était séduisant, intelligent, avec un sens aigu de la mode il surperpose deux T-shirts ce que personne ne faisait dans les années 80,  mais surtout, il maîtrise d'une main de maître un art que l'on appelle cynisme. Je ne mets pas la video en lien mais vous pourrez la trouver facilement sur le Web. Le mot de la fin ? Porn kills. 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 15:48

9782253120605-GAvec l'été viennent les envies de thriller et autres livres sympas à lire entre une baignade et un plan Q  un beignet. Celui-là me tentait depuis  Travail soigné que j'avais adoré.   

 

Un peu d'histoire...

Sophie est une jeune femme qui a l'impression de devenir folle depuis déjà quelques semaines: elle ne sait plus ce qu'elle fait, oublie où elle range des affaires, perd la mémoire, a des moments de flou, ce qui perturbe son quotidien de façon significative. Bien que très jeune, Sophie semble usée par la vie et cette situation est d'autant plus pesante qu'elle n'a aucune idée quant à l'origine du problème. Il est vrai que la vie ne l'a guère épargnée : elle s'est retrouvée veuve prématurément. Depuis, elle a ressenti le besoin de changer de vie brutalement, ce qui parait tout de même suspect... Certes, elle a perdu son mari, mais pourquoi tout changer radicalement ? Il est évident que Sophie culpabilise au sujet de sa mort.

Sophie est ainsi passée d'attachée de presse à baby-sitter d'un jeune garçon de six ans, Leo, avec qui elle manque vraiment de patience. Un soir, elle reste dormir chez les Gervais, les parents de Leo, qui sont  de sortie. Au moment de coucher le garçon, la jeune femme s'assoupit quelques minutes: à son réveil, Leo est mort, étranglé avec un des lacets de la chaussure de Sophie. Comme d'habitude, elle ne se souvient de rien mais ce qui auparavant touchait des actes du quotidien sans réelle gravité confine ici à l'innommable. Prise de panique, la jeune femme s'enfuit et commence une vie de fugitive. Malheureusement, ce n'est pas le seul meurtre qui va jalonner son parcours et Sophie devient rapidement une femme traquée dans toute la France.

Mais la jeune femme a de la ressource et va chercher à se reconstruire et à refaire sa vie. Elle change de ville, de nom et rencontre même un homme, Frantz, qui souhaite l'épouser. Sophie est-elle parvenue au bout du cauchemar ? Ou celui-ci ne fait-il que commencer ?

 

Un peu d'avis...

J'ai trouvé ce thriller très réussi dans l'ensemble, Pierre Lemaître confirmant ainsi déjà tout le bien que je pensais de lui. L'intrigue est vraiment bien ficelée, chaque partie réservant son lot de "putain mais c'était donc ça !" surprises et de révélations pour le moins étonnantes. Ainsi, chaque retournement de situation est bien amené et même si certains sont faciles à deviner, (mode QI de poulpe on) je n'ai rien vu venir (mode QI de poulpe off). Lemaitre surprend son lecteur, tout en restant plausible : rien ne parait caricaturé ou particulièrement irréaliste. Je ne me suis jamais dit - comme c'est le cas à la lecture de certains thrillers- que l'auteur devrait arrêter les champignons de nous faire avaler des couleuvres grosses comme l'égo de Lady Gaga une maison.

Malgré ces qualités, j'ai eu des grosses difficultés à entrer dans la première partie du roman, pour le moins ennuyeuse nébuleuse. Le personnage de Sophie, vraiment très réussi, et son histoire, m'ont vraiment énervée genre "quelle pauvre fille/ pute/ tarée !" laissée de marbre. J'ai en revanche été complètement emportée par la deuxième partie du roman car (mode énigmatique on) ce n'est plus le même personnage qui est le centre du roman. Cette partie -et son narrateur vraiment barré- apportent une originalité à cette intrigue qui commençait un peu trop classiquement (mode énigmatique off). Et le fait que l'histoire soit relatée du point de vue de ce personnage dont je viens d'inaugurer le fan club officiel tellement je suis fan apporte véritablement de la densité au roman.

L'intrigue est donc véritablement de la bombe de balle celle d'un bon thriller dans la mesure où elle ne se contente pas de surprendre le lecteur : elle pose de vraies questions. La fin du roman - assez fumée ouverte - suscite bien des interrogations sur nos comportements qui au final ne sont jamais aussi clairs qu'on voudrait bien le faire croire. Le brouillage entre la folie et la lucidité se poursuit au-delà des chapitres et nous font nous demander "DSK est-il coupable oui ou non ?" : qui est vraiment fou bordel de merde? Classique mais efficace.  

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:01

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Voilà un livre que l'on a beaucoup vu sur la blogosphère. Tentée par les avis plutot positifs, je me suis plongée dans cette oeuvre noire, où toute forme d'espoir semble être annihilée...

 

Un peu d'histoire...

Etats-Unis, Géorgie. Lorsque le récit commence, Joseph Vaughan est âgé d'une dizaine d'années. Jeune garçon discret, il souffre de voir l'esprit de sa mère partir en lambeaux depuis la mort de son père. Cette femme, pourtant si intelligente et si vive, a perdu tout entrain et n'est plus désormais que l'ombre d'elle-même; un fantôme pour tout dire. Joseph, mature et solide, soutient sa mère du mieux qu'il peut. Mais l'univers du jeune garçon va véritablement s'effondrer quand une petite fille est retrouvée morte, puis une autre, et encore une autre...Cela ne semble pas vouloir s'arrêter. Il s'agit de l'oeuvre d'un sadique, d'un fou, d'un pervers.... Joseph est horrifié par ses meurtres et avec ses amis, il crée une patrouille pour défendre les petites filles du village, toutes en danger... 

Mais qui a pu commettre de telles atrocités ? Quel monstre se cache derrière les habitants de ce petit village si tranquille en apparence? Le shérif est dépassé...Mais les habitants ont besoin d'un coupable. Les choses s'enveniment lorsqu'on entend parler d'un évènement terrible mais encore lointain : la seconde guerre mondiale. Dès lors, la population à l'âme vengeresse désigne le voisin de Joseph et sa mère -un allemand- Gunter. Pourtant celui-ci mène une vie paisible, entouré de sa famille. Mais les marques sur le corps de sa propre fille et le fait qu'il soit allemand auront raison de lui : c'est le coupable idéal. Et on sait que rien n'arrête des habitants en colère...

Joseph, démuni, survit tant bien que mal dans cette atmosphère délétère. Les tragédies s'enchainent et il a du mal à tout saisir, à tout suivre. Pourtant, il voudrait comprendre. Heureusement, il a un rayon de soleil dans cette atmosphère si brumeuse: son institutrice, Alexandra Webber, dont il est fou amoureux. Pour se consoler de tout ce marasme, il reste le soir après l'école pour lui parler. Elle l'encourage alors à suivre sa voie: celle de devenir écrivain. Joseph grandit et se raccroche à cette femme autant qu'il peut. Car l'horreur ne semble pas avoir de fin : les meurtres continuent....

 

Un peu d'avis... 

Ce roman est un trois en un : une enquête policière, un roman d'apprentissage et une tragédie amoureuse. Pour la dimension policière, l'histoire manque cruellement d'originalité: des meurtres terribles, des soupçons, des colères et des tristesses infinies aussi. Tout cela a un parfum de déjà lu mais ça tombe plutôt bien car les meurtres ne sont pas le sujet essentiel du roman. Peu importe le nom du meurtrier que l'on apprend d'ailleurs bien tardivement : son identité est décevante. L'essentiel est ailleurs: dans le portrait des personnages, la mise en place de l'ambiance, la relation des personnages entre eux. La noirceur qui se dégage de ce roman en ferait presque un roman noir; un roman digne de Lehane.  La folie des hommes a rarement été aussi bien dépeinte.

Dans ce monde de haine et de mort, un jeune garçon tente de continuer à faire briller son étoile : Joseph Vaughan. Fermer les yeux et répéter ce nom à voix haute. Car il est le seul espoir dans cet univers sans aube ni soir. Joseph va, de toutes ses forces, tenter de faire reculer l'horreur : la folie de sa mère d'abord, le meurtre des fillettes  ensuite. Mais il ne peut rien faire et cela va le hanter jusqu'à New-York où il tente de devenir écrivain. Mais comment devenir adulte quand autant de zones d'ombre subsistent ? quand l'enfance parait n'être qu'un chaos ? quand les soupçons sont trop forts ? Pour devenir enfin l'artiste qu'il souhaite - et l'homme aussi- Joseph va devoir faire table rase du passé; ce qui n'est pas sans conséquence.

Ces conséquences se retrouvent jusque dans son histoire d'amour avec Alexandra Webber. Ce personnage féminin- magnifique- va être le souffle, la passion, la délectation de Joseph. Leur couple, fulgurant, possède une puissance rare. La peinture de cet amour est sans doute ce que j'ai trouvé de plus réussi dans ce roman; de plus vrai aussi. Les personnages ne ressortiront pas indemnes de cette histoire d'amour; le lecteur non plus. Plus que l'écriture - assez simple au demeurant- c'est l'univers de l'auteur qui nous touche et nous emporte. Loin, très loin.       

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 16:16

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J'endendais beaucoup parlé de Lemaitre depuis Robe de marié et je remercie le forum  Livraddict et les éditions du Livre de Poche pour m'avoir permis de découvrir cet auteur talentueux. Travail soigné est donc le premier roman de Lemaitre  réédité depuis peu, succès de l'auteur oblige...Attention, ça va saigner...

 

Un peu d'histoire...

Camille Verhoeven est un flic plutôt atypique: singulièrement petit (autrement dit, c'est un nain), il a la réputation d'être méticuleux dans son travail. Respecté de ses collègues, il a acquis au fur et à mesure des années une excellente réputation d'enquêteur. Sa vie sentimentale aussi est un succès: il est marié à la ravissante Irène (je défie un seul lecteur de ce livre de ne pas tomber amoureux de cette femme) qui va très prochainement mettre au monde leur fils. Pour un peu, on se croirait plongé dans le  scénario du dernier Disney...

Mais il est inutile de paniquer: bientôt, tout va dégénérer (ouf !). Et cela commence assez vite par un meurtre sordide: deux femmes sont retrouvées mortes dans un appartement à Courbevoie (glauque...). La scène de crime est digne d'un abattoir et laissera au lecteur comme un arrière goût de sang dans la bouche (miam !). En faisant un effort, les flics parviennent quand même à déterminer quel bout d'intestin appartient à quelle victime (re-miam!)... Camille se retrouve ainsi chargé de ce crime atroce où rien ne semble banal: ni la manière de tuer, ni le décor dont le papier peint, le futon, la valise griffée vous sembleront, peut-être, familiers....

En tout cas, Camille, lui, était visiblement très occupé dans les années 90, et ce crime ne lui dit rien, mise à part que son auteur ferait passer Ted Bundy pour Winnie l'Ourson. La presse, toujours avide d'ordures, s'empare bientôt de l'affaire et dévoile les détails de ce crime atroce. Propulsé malgré lui sur les devants de la scène, Camille va devoir rapidement rendre des comptes. Dès lors, rien ne va plus pour lui: l'enquête l'accapare beaucoup, sa femme reste seule... Heureusement, il va recevoir des informations essentielles d'une bien curieuse aide:  et si ce tueur n'était qu'un copycat? En soi, c'est banal...Sauf que si la police n'y a pas pensé avant, c'est peut-être parce que la source d'inspiration du tueur n'est pas évidente.... Pour Camille Verhoeven, ce n'est que le début d'une enquête qui va s'avérer difficile...

 

Un peu d'avis... 

Dès les premières lignes, le ton est donné : Lemaitre est un maître (désolée, je mourrai d'envie de le faire, celui-là...) du roman noir. L'ambiance est lourde, presque douloureuse, comme si un drame allait à tout moment se produire. Et quand il se produit, le moins que l'on puisse dire c'est que Lemaitre n'y va pas de main morte (désolée pour celui-là aussi....). C'est parfois un peu cru, mais même si vous êtes sensibles (ce n'est pas mon cas comme l'indique mon précédent billet), évitez de vous arrêter au déluge de sang, d'humeur et d'immondices en tout genres car la suite vaut vraiment la peine qu'on s'accroche. En effet, l'intrigue, d'une originalité rare, est véritablement  brillante. Les dialogues - clés de la réussite d'un bon roman noir selon moi- sont toujours très bien menés, et même carrément brillants. A cet égard, la virtuosité de Lemaitre rappelle celle de Lehane, une référence pour moi en la matière.

Les personnages, eux, sont tous intéressants et nous interpellent à différents titres, Camille en tête. En effet, comme tous les "héros" de roman noir, c'est un homme qui possède des failles. D'abord (tant pis pour le politiquement correct), il est nain, ce qui n'est pas toujours facile à vivre au quotidien, notamment dans ses rapports avec les autres. Mais Camille a su s'imposer et le lecteur est véritablement pris dans une spirale d'empathie envers ce personnage. Quant aux autres flics, certains apparaissent comme des stéréotypes (nous avons évidemment l'alcoolique, le joueur, le névrosé) et d'autres moins, voire pas du tout communs (le flic bien habillé: jamais vu en littérature car complètement irréaliste).  

 Car Lemaitre joue évidemment avec les codes et les références (et ce n'est pas peu dire) mais il le fait de manière fine et intelligente. Des références littéraires, il y en a d'ailleurs beaucoup dans ce roman et je n'ai pas boudé mon plaisir car dès la première, je me suis sentie chez moi. Grâce à elles, Lemaitre nous fait perdre le sens des réalités, en nous montrant que l'art et la réalité peuvent parfois se confondre...plus qu'on ne l'imagine. D'ailleurs, hasard ou pas, certains romans évoqués par Lemaitre mettent  en scène des crimes (ou des criminels) tirés de faits réels....Pris dans les filets d'un cauchemar littéraire grandeur nature, Camille ne s'en tirera pas sans séquelles...Tout comme nous...     

Vous pourrez lire les avis de ce roman chez Stéphie, Noukette et Pimprenelle.

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Published by Sara - dans Les thrillers
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 14:08

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Ce roman, un thriller, a manifestement un certain succès auprès du public. Et une fois la lecture commencée, on comprend très rapidement pourquoi: l'auteur y reprend de manière plutôt astucieuse les ingrédients ayant déjà faits recette dans le monde des thrillers... 

 

Un peu d'histoire...

Le roman raconte le tour sordide que va prendre la participation de dix candidats à un jeu de télé-réalité  : L'Oeil de Caine. Le principe de ce jeu, créé par l'ambitieuse Hazel Caine, est de filmer dix candidats ayant tous un secret et dont le but est de découvrir celui des autres. Rien ne fait peur à Hazel Caine pour faire de l'audimat: déchéance, alcoolisme, abus divers et même meurtre; tels sont les secrets que cachent les candidats... Mais, vous l'aurez compris, rien ne va se passer comme prévu: alors qu'ils se rendent sur le lieu de tournage, les candidats ont un accident de bus et ils vont se retrouver perdus dans une ancienne ville minière au milieu de nulle part. L'endroit rêvé pour un psychopathe...Très vite, Thomas Lincoln, la tête pensante du groupe, pense que d'accident, il n'y a jamais eu: tout est le fait d'un meurtrier. Et ses soupçons se révèlent justifiés quand les premiers candidats vont disparaitre. Mais Thomas est-il vraiment si innocent que cela? Et pourquoi est-il le seul à avoir vu le tueur? Que cache cet homme si différent des autres candidats? Autant de questions absolument insoutenables qui vont naitre parmi les candidats. Et comme dans tout bon thriller qui se respecte, ils vont finir par tous se soupçonner les uns les autres. D'autant que le tueur semble bien connaitre ses victimes, et particulièrement Lincoln. Ce dernier est le stéréotype de l'anti-héros : l'écorché vif toujours ivre cachant un terrible secret...Car ce roman est aussi celui de son expiation. On aurait aimé un peu plus de finesse dans le traitement de ce personnage dont la seule originalité constitue le fait qu'il ne soit pas flic (profession réservée d'ordinaire à l'anti-héros) mais - attention roulements de tambour- médecin. Très vite, Lincoln va se révéler être un parfait héros: solitaire/incompris/au courage à toutes épreuves/n'ayant que de l'amour dans le coeur. Il est en cela le pendant du tueur, écorché vif lui aussi, mais au demeurant beaucoup moins stable (et ce n'est pas peu dire quand on connait Lincoln) psychologiquement. Car ce tueur ne nous est pas si inconnu que ça et le lecteur doit rétablir les pièces de puzzle éparses que l'auteur nous livre au fur et à mesure sur lui.  

 

 

Un peu d'avis...

L'intrigue, menée à toute allure, emporte facilement l'adhésion du lecteur qui a envie de connaitre le fin mot de l'histoire. L'intérêt majeur de ce roman se situe d'ailleurs dans les dernières pages : le roman repose en effet sur un "twist", ce qui est le cas de nombreux thrillers. On pense à Lehane et à son Shutter Island évidemment; sauf que n'est pas Lehane qui veut...Et le twist est vraiment réussi dans ce roman (ce qui en soit est déjà un exploit car le twist est un art difficile à maitriser). J'ai aussi aimé les personnages du roman, dont certains sont vraiment savoureux : la démoniaque Hazel Caine, l'étrange pompiste tout droit sorti de Délivrance, la desperate housewife Elisabeth....On regrette cependant que ces personnages secondaires ne soient pas davantage développés. Ils forment un groupe à la fois terrifiant et grotesque (ici la fiction calque parfaitement la réalité: voyez les candidats des vrais jeux de télé-réalité) mais attachant. Leur élimination, selon un plan précis, n'est pas ici sans rappeler Dix petits nègres d'Agatha Christie. Toutefois, ce plan est élaboré à la base de références bibliques, ce qui est sans aucun doute la chose qui m'a le plus agacée dans le roman, l'idée ayant été trop souvent rebattue. C'est devenu un lieu commun...Aussi l'originalité n'est pas au rendez-vous dans ce thriller, à l'exception peut-être du cadre de la télé-réalité. La vraie réussite du livre selon moi réside dans la manière où Bauwen firte avec les genres: on est tour à tour dans du roman noir, du policier, et même de l'horreur. Et à chaque fois, on se laisse prendre. A ce titre, ce roman sera parfait pour s'évader cet été sur la plage...

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