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  • : Les livres de Sara
  • : De la lecture, du second degré, et parfois de la littérature !
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J'en suis...

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 20:31

 

Jeudi-citation-copie-1

Pour la citation du jeudi, le rendez-vous de Chiffonnette, voici un extrait des célèbres Fragments du discours amoureux de Barthes. Une citation appropriée en cet "après-Noel"...

 

Le cadeau est attouchement, sensualité: tu vas toucher ce que j'ai touché, une troisième peau nous unit. Je donne à X... un foulard et il le pporte: X... me donne le fait de le porter; et c'est d'ailleurs ainsi que, naivement, il le conçoit et le dit.

 



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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:29

Jeudi-citation-copie-1Voilà un poème de Victor Hugo pour la citation du jeudi (ahum....) toujours initiée par Chiffonnette. Ce  poème, intitulé "Il fait froid", est magnifique et mérite qu'on le lise en cette période de fête. Hugo nous livre un message d'espoir, à la fois joyeux et grave, doux et paisible, parfait pour cette veille de Noel.

 

L'hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c'est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l'homme plein d'envie ;
Doute du prêtre et de l'autel ;
Mais crois à l'amour, ô ma vie !

Crois à l'amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l'amour, tison du foyer !
A l'amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l'indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,

Qiue rien ne tombe ou ne recule.

Fais de ton amour ton flambeau.

On s'éclaire de ce qui brûle.

 

A ces démons d'inimitié

Oppose ta douceur serine,

Et reverse leur en pitié

Tout ce qu'ils t'ont vomi de haine.

 

La haine, c'est l'hiver du coeur

Plains-les ! Mais garde ton courage.

Garde ton sourire vainqueur;

Bel arc-en-ciel, sors de l'orage !

 

Garde ton amour éternel

L'hiver ,l'astre éteint-il sa flamme ?

Dieu ne retire rien du ciel;

Ne retire rien de ton âme  

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 23:00

 

Jeudi-citation-copie-3

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai beaucoup pensé à Maiakovski cette semaine. Ce poète russe -largement utopique- a vu ses idéaux politiques se briser lorsqu'on a fait de lui le poète officiel du Parti période Lénine. Dans le poème fleuve intitulé "Le nuage en Pantalon", écrit en 1915, Maiakovski fait exploser les règles poétiques et livre un poème d'un genre nouveau inscrit dans le mouvement futuriste. Maiakovski lui-même disait au sujet de ce poème: « Je le considère comme le catéchisme de l’art moderne : « À bas votre amour », « à bas votre art », « à bas votre société », « à bas votre religion »- ce sont les quatre cris des quatre parties.» Si vous ne connaissez pas ce poème, je vous en conseille sa lecture: les mots, le souffle, les idées, et les émotions s'y bousculent; une poésie qui assurément ne ressemble à aucune autre. J'ai choisi ce court extrait qui met des mots sur ce que je ressens depuis déjà trop longtemps...

 

 

 

Je suis là où se trouve la douleur

à chaque larme qui s’enfuit

sur ma croix je me crucifie.

 

La citation du jeudi, c'est toujours chez Chiffonnette.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 17:56

Jeudi-citation

Pour la citation du jeudi -toujours sur une idée de Chiffonnette- je vous propose un petit voyage dans un livre dont j'ai déjà parlé ici. Dans son dernier roman Suites Impériales, évènement de la rentrée littéraire de septembre, Bret Easton Ellis reprend son premier héros -Clay- vingt ans plus tard. Pour lui,  les années 80 "fric et chic" ont laissé place aux années 2000 aseptisées, limite débiles. Ce roman, que j'ai trouvé réussi, n'est pas de tout repos : il nous peint un personnage perdu dans une société glauque, sans repères ni valeurs. La fin est particulièrement fine car elle révèle toute la complexité de Clay qui reste un des personnages les plus réussis de Ellis, selon moi...

 

Il y a bien des choses que Blair ne comprend pas à mon sujet, bien des choses qu'elle a négligées en fin de compte, et des choses qu'elle ne pourrait jamais savoir, et il y aura toujours une distance entre nous parce qu'il y a trop d'ombres partout. Avait-elle jamais fait des promesses à un reflet infidèle dans le miroir ? Avait-elle jamais pleuré parce qu'elle haissait totalement quelqu'un ? Avait-elle jamais désiré  la trahison au point de faire entrer les fantasmes les plus crus dans la réalité, inventant des séquences qu'elle seule, personne d'autre, pourrait lire, modifiant le jeu à mesure qu'on y joue ? Pouvait-elle situer le moment où elle était morte intérieurement? Se souvient-elle de l'année consacrée à le devenir ? Les effacements, les dissolutions, les scènes réécrites, toutes les choses qu'on chasse -je veux maintenant les lui expliquer, mais je sais que je ne le ferai jamais, la plus importante étant: je n'ai jamais aimé personne et j'ai peur des gens.    

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 22:21

Jeudi-citation-copie-3

Toujours sur l'idée de Chiffonnette, je vous propose une citation du jeudi légère et court vêtue. Avec le froid,  on voit débarquer la fatigue, la déprime, la gastro...Pas très réjouissant comme programme. J'aurais pu vous mettre une citation extraite d'un classique que personne n'a lu et dont le sens n'apparait qu'à la millième lecture... C'est ce que je fais d'habitude, histoire de me donner un genre sérieux/cultivé/bien sous tout rapport. Aujourd'hui, je préfère une citation moins prise de tête d'un ouvrage que j'ai adoré : Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears d'Elise Costa. Dans ce documentaire façon gonzo, Costa se propose d'analyser comment cette fille un peu plouc est devenue une icôn . Ce documentaire est une vraie réussite: des analyses fines, un style pêchu bourré d'humour et un panel de références communes. Et surtout il y a Britney (évidemment...) 

  

Écouter Britney, comme manger une tartine de Nutella, reste quoiqu’il arrive une bonne initiative, jamais décevante. Et ceux qui trouvent ça écœurant ne font qu’admettre qu’ils en ont abusé par le passé.

 


Découvrez la playlist Britney Spears avec Britney Spears
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 18:57

Jeudi-citation

Aujourd'hui, pour la citation du jeudi, rendez-vous organisé par Chiffonnette, je vous propose un extrait d'un poème d'Eluard sur les amours coupables entre les françaises et les soldats allemands durant la guerre. Coupables ? Pas vraiment pour le poète qui leur rend un vibrant hommage dans ce poème extrait d'un recueil publié en 1944 :Au rendez-vous allemand.  

 

Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d'enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés



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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 07:22

Jeudi-citationPour la citation du jeudi proposée par Chiffonnette, je vous propose de la poésie avec le Victor Hugo américain, à savoir Walt Whitman. Connu pour ses Feuilles d'herbe, recueil paru au milieu du XIXe siècle, il y chante la sensualité, l'Amérique et lui-même.  Voici le début du poème "Je chante le corps électrique", l'un des plus célèbres et les plus euphorisants aussi de Whitman... 

 

I sing the body electric, 

 The armies of those I love engirth me and I engirth them, 

 They will not let me off till I go with them, respond to them, 

And discorrupt them, and charge them full with the charge of the soul. 

W
as it doubted that those who corrupt their own bodies conceal themselves? 

 And if those who defile the living are as bad as they who defile the dead? 

And if the body does not do fully as much as the soul? 

 And if the body were not the soul, what is the soul? 

 

 

Je chante le corps électrique, 

 Ceint des foules de ceux que j'aime comme je les ceins,

Qui n'ont de cesse que je les suive, que je leur réponde,

Que je les décorrompe, que je les charge à plein de la charge de l'âme.

Qui doutera que ceux qui corrompent leur corps se masquent à eux-mêmes ?

Qui doutera que ceux qui souillent le vivant ne valent pas mieux que ceux qui souillent les morts?

Qui doutera que le corps agisse aussi pleinement que l'âme ?

Le corps ne serait-il pas l'âme ? Dans ce cas, l'âme quelle est-elle ?



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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 08:16

 

 

Jeudi-citationPour continuer l'aventure lancée par Chiffonnette, je vous propose en ce jeudi un extrait de Madame Bovary de Flaubert. Ce roman - que je chéris particulièrement- raconte l'histoire (mais qui ignore encore, cette histoire ?) d'un médecin de campagne, Charles Bovary, qui va épouser -un peu par hasard- Emma, une très belle jeune femme. Atteinte de rêve de grandeur, et surtout de romantisme chronique, Emma va bientôt être déçue par ce mariage: Charles est gentil mais complètement niais. Elle aurait tant voulu épouser un homme beau, passionné, riche et cultivé... De cette déception va naitre une succession de tragédies : rancoeur, tristesse, dépression, et infidélités. Flaubert nous montre dans ce roman combien le romantisme est dangereux pour la santé et peut entrainer des maladies graves...La citation que je vous propose aujourd'hui se situe peu après le mariage du couple. Je souhaiterai la dédicacer tout spécialement à Stéphie ...

 

La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans susciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer au pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme d'équitation qu'elle avait rencontré dans un roman. Un homme, au contraire, ne devait-il pas, tout connaitre, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, aux raffinements de la vie, à tous les mystères ? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne souhaitait rien. 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 11:02

Jeudi-citation-copie-1

Je suis comme d'habitude fidèle au rendez-vous hebdomadaire désormais incontournable: la citation du jeudi initiée par Chiffonnette. Dans Le Livre de l'intranquilité, l'écrivain portugais Fernando Pessoa fait parler son double, Bernando Soares, et livre sous forme de fragments ses réflexions sur des sujets aussi variés que la lecture, l'écriture, la vie quotidienne, les autres, l'amour et la mort. Oeuvre posthume publiée en 1982, ce livre atypique est classiquement considéré comme le chef d'oeuvre de l'écrivain. Le lecteur peut y piocher au hasard des pensées qui se font tour à tour philosophiques mais aussi poétiques...

 

Les sentiments qui nous font le plus souffrir, les émotions qui nous étreignent le plus douloureusement, sont aussi les plus absurdes: l'envie de choses impossibles, justement parce qu'elles sont impossibles, la nostalgie de ce qui n'a jamais été, le désir de ce qui aurait pu être, la douleur de ne pas être différent, l'insatisfaction de voir le monde exister. Tous ces demi-tons de la conscience créent en nous un paysage douloureux, un éternel soleil couchant de que nous sommes. La sensation que nous avons de nous-mêmes est alors celle d'une campagne déserte qui va s'assombrissant; tristesse des roseaux au bord d'un fleuve où nul bateau ne passe, coulant clairement des eaux noires entre des rives lointaines.

3 septembre 1931.


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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 05:02

Jeudi-citation

 

Toujours sur l'idée de Chiffonnette, je poursuis la citation du jeudi en vous proposant cette semaine un extrait des Monologues du vagin de Eve Ensler. Créée à la fin des années 90, cette pièce se propose de parler, sans tabou, du vagin, organe de plaisir mais aussi source de hantises, objet de violences... Plusieurs femmes y prennent tour à tour la parole pour raconter leur rapport, jamais simple, avec leur vagin, et à travers lui, avec leur féminité, et bien sûr avec les hommes. Je vous invite à découvrir ce texte- d'utilité publique- qui se fait tour à tour violent, poétique, doux et tragique. Voici la fin de l'introduction qui est à la fois une ode aux femmes mais aussi aux mots et à leur pouvoir...     

 

Nous avons un long voyage devant nous. Et ceci est le commencement du voyage. Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des autres femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s'affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s'entrainer à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c'est le mot qui fait avancer et c'est le mot qui rend libre."Vagin".

 


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