Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Les livres de Sara
  • : De la lecture, du second degré, et parfois de la littérature !
  • Contact

 

J'en suis...

 

 58420964 p-copie-1

 

 


 

2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 22:00

Dans le genre lecture honteuse pour le rendez-vous de Stéphie, une biographie de Britney Spears parait appropriée. Et  même si je me justifie comme je peux : "Nan mais c'est en VO", "Nan, mais  l'auteur propose dans ce livre, une vision philosophique de la posture de la "star" dans notre société actuelle", "Nan mais je te jure, y'a aucune photo".

 

Un peu d'histoire...

Britney Spears est née au début des années 80 à Kentwood,  un village over plouquesque du Sud des USA où les habitants sont racistes, consanguins et donc nécessairement hypotrophiés du bulbe et du zob. C'est dans ce lieu assurément top moumoute, que Lynne et Jamie Spears décident de s'installer pour élever leurs trois enfants : Bryan,- Britney donc- et Jamie-Lynn. Très vite, la cadette semble fascinée par la danse, une discipline dans laquelle elle montre des prédispositions étonnantes. Sa mère l'inscrit dans un club de gymnastique où Britney enchaine les compétitions avec succès. Mais lassée par la discipline imposée par son coach, Britney abandonne: elle voudrait seulement danser. Face à l'enthousiasme de sa fille, Lynne se dit qu'elle aimerait beaucoup que sa fille accomplisse son propre rêve de gloire. 

Lynn et Jamie Spears sont à ce titre très différents: si Jamie est un beauf tendance "alcoolo-qui-trempe-sa-nouille-à-droite-et-à-gauche", Lynn vient d'une lignée un peu plus smart. D'origine anglaise, la mère de Lynn connait la vie des héritiers royaux par coeur et prend le thé à cinq heures tapantes tous les après-midis. Elevée dans cette atmosphère feutrée et classy, Lynn souhaite le meilleur pour sa fille...à savoir ne pas finir comme une pequenaude. Lorsque Britney commence à vouloir chanter, pour sa mère, c'est le déclencheur: sa fille sera une star ou ne sera pas. Elle décide de lui faire passer diverses auditions, notamment pour le Mickey Mouse Club, une institution outre-atlantique. Retenue, Britney est prise entièrement en charge par la team du Mickey Mouse Club: elle dort sur place, étudie sur place, se fait des amis sur place. Parmi l'équipe de l'époque, on trouve Justin Timberlake, Christina Aguilera et Ryan Gosling.

Britney est une petite fille docile et joyeuse qui semble s'épanouir au MMCEntre deux enseignements créationnistes, Britney chante et danse avec ses congénères. Elle acquiert ainsi une petite notoriété mais quand on lui annonce que MMC s'arrête c'est le drame. Que va-t-ellle faire désormais ?  Très vite un producteur s'entiche de la petite Britney dont il perçoit le potentiel. Après lui avoir fait enregistrer quelques titres, il se charge de lui trouver une maison de production: ce sera Jive, la même maison que les NSYNC, le boys band dans lequel sévit Justin, l'ancien acolyte de Britney. Dès lors tout s'enchaine et quand le clip de Baby one more time sort, les spécialistes comprennent ce qui est en train de se passer:  une jeune fille est  train de bouleverser le monde de la pop music...Mais à quel prix ?              

 

Un peu d'avis...
Dans cette biographie, très bien documentée de 400 pages, l'auteur donne une vision objective de la vie de Britney -et notamment du marasme 2007- en revenant sur des évènements dont beaucoup ne sont pas connus du grnd public. L'auteur a fait un travail d'investigation très dense et donne la parole à des gens qui ont cotoyés Britney : ses professeurs, ses amis d'enfance... La mesure du journaliste fait toute la qualité de cette biographie -qui compte parmi les plus riches-. Dommage que le discours très psychologisant gâche un peu certaines pages où Britney devient limite un cas clinique..Pour autant, il n'empêche que cette biographie est probablement l'une des meilleurs parues à ce jour. Si vous êtes fan, vous pouvez foncer les yeux fermés.

Britney apparait comme une petite fille docile, gentille qui aura du mal  à se trouver, à savoir qui elle est. De son enfance où elle décide de vivre le rêve de sa mère à la fameuse année 2007 où Britney se rase la tête, atterrit en rehab, donne une affreuse image d'elle aux MTV VMA où, cuitée de la veille, elle s'était révéillée à 14h, avait viré son styliste et son coiffeur et s'était donc retrouvée sans extensions en slip et soutif... La vacherie quoi. 

 

Une prestation râtée - pour elle qui se considère comme 'performer' plutot que comme chanteuse- qui arrive à un moment incongru car la chanteuse, fragilisée par des échecs personnels, ne sait plus vraiment ce qu'elle fait. Et tout ça pour quoi ? Pour assurer la promo de son album Black out sorti quelques mois auparavant. Une promo qui se résumera à cette prestation et à trois clips médiocres, vite tournés. L'année 2007 est assurément l'année la plus noire de la vie de Britney Spears et en même temps la plus excitante. L'album Black out est aujourd'hui considéré comme ayant le plus influencé la pop music actuelle.  

2007, année de la loose donc... Britney enchaine divorce, procès pour la garde de ses enfants, et divers pètages de plomb (elle s'enferme avec son plus jeune fils dans sa salle de bains et refusera d'en sortir, demande à un clochard s'il ne veut pas de sa vie, se rase la tête et aggresse un paparazzi avec un parapluie....). Mais ce que ce livre explique, c'est un éclairage précis sur les raisons d'un tel bordel.

Si les parents de Britney sont relativement préservés dans le livre (hormis les frasques de Jamie, ce sont seulement quelques bourdes de Lynn qui sont relevées), Kevin Federline n'a pas cette chance. Entre Britney et lui, tout va très vite et dès que la jeune fille annonce sa première grossesse,  les rumeurs grondent : Kevin ne l'aime pas, il l'utilise... Pour prouver qu'il existe, il veut lui aussi se lancer dans la chanson, devenir une star. Grosse erreur. A force d'être négligée, Britney, piquée au vif, déprime sec dans sa grande maison vide où résonne les cris de Sean Preston, son premier fils, dont elle a beaucoup de mal à s'occuper. Pendant les premiers mois, elle n'acceptera quasiment pas de rester sous le même toit avec son fils. Ambiance...

Et lorsque la jeune fille tombe enceinte de son deuxième enfant, elle a d'ailleurs une réaction assez révélatrice : elle va se bourrer la gueule dans un bar....seule... Il aurait fallu voir la tête du barman quand Britney a répondu à sa question classique: "Que fêtez-vous ce soir mademoiselle?". A partir de là, tout s'enchaîne dans une espèce de folie incontrolable... Steve Dennis revient sur le rôle non négligeable des paparazzi que Britney finira par inviter chez elle...où ils la verront faire le ménage.

 Drôle de tableau qui montre qu'au-delà de la  jeune fille perdue, Britney est surtout malade : dépression post-partum, hyperactivité déjà diagnostiquée sur la tournée de Oops I did it again, et maintenant bipolarité. La pharmacie de la chanteuse déborde de neuroléptique, d'AD et d'anxyolétiques.  Britney collectionne les maladies mentales comme DSK les MST. Il aura fallu la patience de plusieurs juges, et le dévouement de son père -gracement payé quand même- pour remédier à la situation apocalyptique  Son premier rôle a été de faire le ménage parmi l'entourage de la jeune fille qui payait des gens par soirée pour qu'ils restent avec elle... Sa propre cousine, Ali Sims, une bitch en puissance, a eu un rôle majeur dans le marasme de 2007, encourageant Britney à faire la fête. Sam Lufti, son manager, lui aussi aura eu une très mauvaise influence au point de se voir ordonner par un juge l'interdiction d'approcher la star...Pourtant, tous diront que sans eux, Britney se serait probablement suicidée.  

Malgré l'intervention de Jamie, la stabilité retrouvée, le traitement mécical, le verdict est sans appel : Britney Spears a eu une carrière de dix ans alors qu'elle aurait pu durer le double. Fille docile, Britney a toujours bien fait tout ce qu'on lui a dit... au point de devenir une petite poupée malléable. Incapable de s'occuper d'elle-même- une chose qu'on ne l'a jamais incité à faire- elle mène une vie où désormais tout est sous contrôle. Ses sorties, ses appels téléphoniques, sa manière de s'alimenter sont passés au crible par un entourage hyper soucieux...de ne pas perdre la poule aux oeufs d'or.  

 

 

65408451

   

 

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 08:19

images-copie-15A mon diner idéal, je réunirai Michiko Kakutani, Edward Norton, Britney Spears qui ça étonne ?, David Fincher, John Galliano, Courtney Love, Bret Easton Ellis et Eli Roth. Sans vouloir trop m'avancer, je crois que le diner serait -disons- animé. J'aurai rajouter Dieu Steve Jobs l'année dernière mais pas de pot, 2011 fut une année de merde maudite... Fanny, du blog Ma petite librairie, ne s'est pas trompée quand elle m'a offert ce livre suite au concours que j'ai gagné chez elle. Et je l'en remercie !  

 

Un peu d'histoire... 

Dans cet ouvrage, George Beahm propose de rassembler les "intuitions, sagesses et pensées" de Steve Jobs. Il nous propose donc de courtes citations sur des thèmes variés, ce qui permet au lecteur de piocher/ fouiner/ savourer dans ce livre comme il l'entend. Au détour des pages, Steve Jobs commente ses propres innovations, son parcours au sein d'Apple, son rapport à la concurrence, livre les secrets de la réussite du groupe, et donne des conseils pour se montrer innovant /efficace/ warrior dans son travail. On trouve aussi mêlées à ces citations des réflexions plus personnelles sur sa vie privée, sa santé, son rapport au vieillissement...

 

Un peu d'avis...

Mon amour incommensurable pour Steve Jobs a commencé le jour où j'ai changé mon PC Vade retro satanas ! pour un Imac. Tout à coup, j'ai découvert ce que pouvait être le travail sur ordinateur : efficace, simple et fun. Et en plus, un Imac, c'est beau. En moins de trois mois, je suis devenue accro à la pomme : Ipod, Iphone et le must, mon Macbook Air plus pratique et léger, tu crèves ! Comment avais-je pu vivre si longtemps sans Steve ? Peu importe car je comptais bien rattraper le temps perdu : à partir de ce moment-là, j'ai vécu au rythme des keynotes, des nouvelles versions de l'Iphone, et bien sûr de l'Ipad que je n'ai toujours pas, snif... C'est pas compliqué, dans mes remerciments pour ma thèse que j'espère soutenir avant mes 90 ans, je prévois d'y glisser un mot sur Apple pour avoir grandement facilité mon travail. Call me crazy... 

Evidemment ce livre est une porte vers l'au-delà qui me permet de continuer, mieux - de faire fructifier- mon histoire d'amour avec Steve je suis flippante, hein ?  Ces citations bibliques se font tour à tour efficaces, amusantes, mais parfois agaçantes aussi. Et bien oui, être Dieu n'est pas toujours facile et Steve Jobs réputé pour être une méga ordure se montre parfois très franc et c'est pour ça qu'on l'aime... ou pas. Il ne faisait pas dans le sentiment, et on peut supposer que travailler avec lui n'a pas dû être de toute repos pour ses collaborateurs. Moi, j'aurai enduré les pires souffrances pour avoir le bonheur -que dis-je, l'honneur suprême, de travailler à tes côtés et ainsi de pouvoir te voir tous les jours. 

Quoi qu'il en soit, cet ouvrage est réservé évidemment aux fans de la pomme, les hérétiques autres n'y verront pas grand intérêt. Vous l'avez compris, je n'ai pas boudé mon plaisir, d'autant que le livre se termine par une biographie assez complète de Dieu Jobs, ainsi qu'un glossaire précis avec toutes les références des citations. Moins ennuyeux et surtout condescendant qu'une biographie officielle, cet ouvrage permet de découvrir Steve avec ses propres mots et c'est ce qui fait tout son intérêt. Pour conclure, je vous propose quelques unes de ces citations : 

"Le seul problème avec les gens de Microsoft, c'est qu'ils n'ont simplement aucun goût"

"Certains n'ont pas l'habitude d'un environnement où l'on attend l'excellence"

"Mon travail ne consiste pas à être coulant avec les gens. Mon travail consiste à les rendre meilleurs"

"J'échangerais toute ma technologie pour passer une heure avec Socrate" 

"La seule possibilité de communiquer que nous avons, c'est avec du sentiment"

"Nous avons fait des boutons tellement beaux que vous allez avoir envie de les lècher"

"La manière dont nous allons survivre, c'est en innovant"

"Il y a un site porno pour Android où vous pouvez vous conncecter et il n'y a rien d'autre que des applis porno (...). Et vous pouvez les télécharger, vos gosses aussi, et les copains de vos gosses. C'est exactement ce que nous ne voulons pas faire".

"Vous devez trouver ce que vous aimez. Et c'est aussi vrai dans le travail qu'en amour. Votre travail va occuper une grande partie de votre vie, et la seule manière d'être pleinement satisfait, c'est de faire quelque chose que vous trouvez génial".

"Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre. Ayez le courage d'écouter votre coeur et votre intuition. Tout le reste est secondaire"

Voilà ma préférée mais elle n'est pas dans le livre :

"Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le piège qui consiste à croire que l'on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre son coeur". 

images-copie-16.jpg

 

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:57

393RJe ne suis pas particulièrement fan de MJ et j'ai sûrement tort. Cela dit, j'ai déjà une croix suffisamment lourde à porter avec Britney... Pour autant, quand ce livre m'a été proposé, j'ai été tentée...   


Un peu d'histoire...

Des débuts de Michael Jackson dans les Jackson Five jusqu'au succès retentissant de Thriller, en passant par  ses déboires avec la justice et jusqu’à sa mort, Noesis (dont je surkiffe le pseudo) retrace les moments forts de la vie du roi de la Pop. Très loin de la biographie traditionnelle, c’est avant tout son parcours de fan que Noesis se propose de brosser dans ce récit inclassable. Il a en effet éprouvé pour Michael Jackson un engouement sans retenue, avant d’émettre des réserves pour finir par s’en éloigner et découvrir de nouveaux styles musicaux. Pour autant, malgré les mensonges, les coups marketing, les supercheries, Noesis est resté fidele à Michael Jackson...Mais pourquoi ?

 

Un peu d'avis...

La démarche de ce livre me paraît bien naïve car j’ai beau être « fan » aussi, je le suis d’une manière radicalement différente. J’avoue avoir du mal à comprendre que l’on puisse se sacrifier ainsi sur l’autel de la « fanitude » (désolée, ce néologisme est horrible) au point de consacrer à quelqu’un une énergie considérable, un temps fou et surtout beaucoup d’argent. Pour autant, le propos de Noesis est souvent discordant avec celui des fans traditionnels dans le sens où il n’atteint pas cette forme de « folie » que l’on peut rencontrer chez eux. D’ailleurs, le lecteur lui est gré de ne pas trop défendre le chanteur lorsqu’il chante en playback/qu’il a du mal à danser/qu’il veut faire de l’argent coûte que coûte. Toutefois, on ne doit pas espérer, lors de la mention de certaines « affaires », avoir une opinion objective de la part du fan : ainsi, lors de la fameuse plainte du jeune Jordan Chandler contre le chanteur,  Noesis ne cesse d’asséner l’innocence de MJ, ce qui plaira...ou pas.

 Ce livre se situe donc quelque part entre le témoignage et le gonzo, car l’objectivité n’est pas toujours au rendez-vous, contrairement à ce que Noesis ne cesse de nous répéter. Mais comment le serait-il dans la mesure où il est fan ? Il veut se démarquer de la foule de fans classiques mais les rejoint parfois ce qui personnellement m’a fait sourire, car  je ne suis pas certaine qu’il soit si différent des autres fans que cela. Mais j’avoue avoir été transportée par cette naïveté si touchante chez un fan...Il n’y a parfois qu’un pas entre l’aveuglement et la mauvaise foi. Pour autant, Noesis ne franchit pas certaines barrières, choisissant de ne pas évoquer la vie privée de MJ. Aussi, la sexualité du chanteur n’est que survolée, le culte de la personnalité, tout comme son délire enfantin, est évoqué brièvement, la religion, elle, est passée sous silence. L’auteur choisit de ne parler seulement que de ce qu’il maîtrise, évitant ainsi les écueils habituels du genre. Noesis s’intéresse donc avant tout à la musique et aux prestations scéniques du chanteur et c’est ce qui contribue à rendre ce livre si digeste. J’ai ainsi lu avec beaucoup d’intérêt ses avis –très éclairés -sur les différents albums du chanteur.

Aussi, ne vous-y trompez pas, ce livre n’a pas pour but de s’attacher à vous  présenter la vie de MJ mais plutôt le point de vue du fan sur son idole. C’est parfois touchant, souvent juste, rarement stupide. Les dernières années de MJ sont relatées avec émotion mais aussi avec une ironie assez mordante et bien vue. Pour autant, je crois qu’il faut être fan de MJ pour apprécier réellement ce livre. Bien sûr, le profane apprendra beaucoup d’éléments – qu’il jugera plus ou moins intéressants - sur la star et sa musique, mais j’ai trouvé cela un peu juste. En revanche, les fans se reconnaitront sûrement dans le parcours chaotique de celui de Noesis qui est passé de MJ au métal, sauvant ainsi son honneur (moi, c’est l’inverse, je suis passée du métal à Britney : je ne peux vraiment pas sauver mon cas). L’écriture, simple et efficace, ne s’encombre pas d’effets de style et les lecteurs pourront souffrir de cette absence d’élégance. Pour autant, ce n’est pas franchement ce que l’on demande à ce genre de livres, même si –soyons honnête- un peu de style ne fait jamais de mal. En revanche, je n’ai pas apprécié du tout les citations de paroles de chansons dont Noesis fait un usage outrancier : censées évoquer ses sentiments, ses émotions ou ceux de la star, elles alourdissent largement l’ouvrage et lui donnent une dimension très adolescente. Au final, une lecture plaisante dont vous pourrez tirer une certaine distraction. De cet ouvrage, il ne faudra – je pense- pas attendre autre chose. Mais c’est déjà pas mal, non ?   

 

 

Livre lu dans le cadre desChroniques de la Rentrée Littéraire

chroniques1.jpg 

  

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 22:00

64424694 p20 ans est censé être le plus bel âge de la vie... sauf pour moi:  Je regardais la très débile série Dawson, j'étais fan de la plus grande arnaque musicale de tous les temps Courtney Love, je trouvais les films du complètement barré Gregg Araki très cool, je peinais comme Jean Sarkozy sur mon DEUG, j'avais beaucoup des kilos en plus, j'étais fauchée comme la Grèce, je vivais dans un village d'une centaine et encore je suis large là d'habitants.  Et pour toutes les raisons qui précèdent, j'étais moi Sara F., 20 ans, droguée, prostituée déprimée.

Mais voilà, quand j'avais 20 ans et bien... j'avais 20 ans. Histoire de remonter le temps, je me suis donc procurer ce livre vu sur le blog d'Elise Costa. Ce livre -sous-  titrée non sans humour "Je hais les jeunes filles"- se propose de retracer le parcours de ce magazine culte qu'était 20 ans. Pour ceux qui n'ont pas la chance de connaitre ce magazine, ce qu'il faut en retenir, c'est qu'il était complètement barré. A ce titre, on peut dire que tout ce que suis aujourd'hui, je le dois à 20 ans. Je regrette d'ailleurs d'avoir bêtement mis ma collection de 20 ans à la poubelle il y a quelques années: aujourd'hui, je donnerai n'importe quoi pour me replonger dans ce magazine culte.

Car culte, 20 ans l'était vraiment ! Il avait le mérite de ne pas prendre la lectrice pour la reine des morues, comme le font les magazines "féminins" actuels. Véritablement à contre-courant, 20 ans recommandait ainsi à son jeune lectorat de faire des études, et surtout pas trop la fête, sous peine de mort. En effet, à 20 ans, on n'était ni langue de bois, ni politiquement correct. En gros, on faisait dans ce magazine le contraire de la presse féminine actuelle qui dit à sa lectrice "vous êtes sublime, épanouie avec une job de rêves et un jules d'enfer..et si c'est pas le cas, on va vous aider à être et avoir tout ça".  Ah oui, vraiment ?  Non, 20 ans n'était pas un pseudo coatch personnel qui fait croire à sa lectrice qu'à la simple lecture d'un article bourré de conseils complètement cons, elle va avoir une révélation et changer complètement de vie...ce qui est 1°) irréaliste et 2°) passablement suicidaire...

La rédactrice en chef, Isabelle Chazot, avait pour but de rendre la lectrice un peut moins conne. C'est pourquoi 20 ans proposait des tests genre "Etes vous frigide?"ou des articles comme "Vivre grosse", "les hommes préfèrent les chieuses", "Moches et sexy, ceux qui préfèrent les vilaines" . Dans ce livre, on retrouve donc certains articles marquants écrits par les plus grandes plumes du magazine à l'époque : Alain Soral (♥), Diastème (♥), Houellebecq (mouais...). Les articles proposés sont juste drôles, décalés et encore d'actualité: on y trouve le portrait du "beauf pointu"; un article sur le futur de Madonna et de sa fille à mourir de rire; d'autres sur le féminisme, le spleen de la consommatrice, le mec qui sert à rien.  Et évidemment, vous trouverez l'échantillon d'un horoscope (MA page culte !) du magazine. Déguisée sous un humour assez incisif, les pages de 20 ans étaient de véritables bombes. 

Quand le magazine a cessé de paraitre, ce fut la consternation...Bien sur, le titre a connu des hauts et des bas, notamment en raison de propos un peu trop "second degré" pour certains. Le livre propose donc une mine d'informations sur la création du magazine, le choix des rédacteurs, les tensions au sein de l'équipe... A ce titre, j'ai appris que l'iconographie des articles était composée de pin-up et de photos...de tueurs en série américains, histoire de ne pas être embêté par des gens qui viendraient se plaindre de l'utilisation de photos sans leur accord.  20 ans a été arrêté, relancé pour finalement être aujourd'hui complètement arrêté. De toute façon, on le sait depuis hier, le second degré est officiellement mort dans ce pays au moment même où Lars Von Trier a été sommé de quitter Cannes. Mais dans quel monde vit-on ?   

 

Pour vous donnez, voici  un petit aperçu des "50 raisons de ne pas suivre de cours de théâtre":

1. Si vous prenez un cours privée, genre Cours de l'Acteur Rapiassou, vous paierez 1620 frans /mois la première année, 1620 francs /mois ma deuxième et, bonheur, 3000 francs /mois la troisième.

2. Pour cette somme, vous aurez droit de faire "le grille-pain"(impro) devant un parterre de camarades hostiles, ou bien "la carotte qui pousse". Vous reniflerez vos camarades et ils vous renifleront (relaxation), vous devrez vous mettre nue pendant une scène de Molière (audition), etc.

3. Vous allez devoir lire des livre. Pire encore, des livres de théâtre comme Ma méthode par Stanislaski.

4. Fréquenter des auteurs comm Jean Anouilh, Paul Claudel ou Jean Giraudoux (ZZZ)

5. Vous finirez par ne plus savoir lire comme James Dean, ou par lire sans comprendre ce que vous dites, comme Claire Chazal.

6.  Mais vous aurez la tête pleine d'alexandrins, et de définitions débiles qui ne serviront jamais. Et puis vous saurez dire les "e" muets. 

7. (...) A 48 ans tapés, vous direz comme Nathalie Baye : "J'ai besoin d'être quelqu'un d'autre de temps en temps pour être bien avec moi-même"

8. Vous serez artiste, donc vous serez malheureuse. Vous tomberez dans votre faille narcissique : angoisse existentielle, passivité (attendre qu'on vous choisisse), dépression (pas choisie, pas aimée, vieille à 25 ans). Inconstance, inquiétude, ennui.    

 



 

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 12:40

16828802 1314587On "ose" beaucoup en ce moment sur la blogosphère: chez Stephie, Chiffonnette, Fashion, Tamara, Stéphanie... Vous pouvez même gagner des exemplaires sur leurs blogs, alors foncez ! L'information circule aussi grâce à des copines qui font le relais telle Noukette. De ce fait, j'étais curieuse moi aussi de découvrir les éditions de la musardine qui propose une quarantaine de titres pour nous permettre "d'oser" enfin ! Il ne me restait plus qu'à choisir l'un d'entre eux afin de me faire ma propre opinion...


Un peu d'histoire...

Ce petit guide se propose donc de nous divulguer des "secrets" pour rendre un homme fou de plaisir. Ces secrets sont au nombre de 21, autant vous dire qu'il y a là nombre de choses à apprendre. Le guide se divise en deux parties: la première est théorique et nous propose une petite incursion dans l'anatomie masculine. Le langage se veut scientifique (on parle de "hampe", "scotum"...) mais parfois relâche (quand l'auteure parle de "boîte à caca", tout devient très clair...). 

 Bien entendu, il ne suffit pas de connaitre l'anatomie des hommes pour les rendre carrèment dingues. Il s'agit aussi de connaitre ses propres envies et son corps : de la manière de se tenir au point G, en passant par les sex-toys et les films pornos, vous connaitrez tout sur la façon de prendre son pied. Après tout, quitte à rendre un homme fou de plaisir, c'est quand même mieux si on ne reste pas sur la touche.

Une fois que l'homme est à notre merci (traduisez: il ne peut pas nous voir sans avoir envie d'ouvrir sa braguette), il va falloir le garder et pour cela, faire encore moult efforts. Vous allez en en effet devoir préserver sa liberté - ce qui peut aller jusqu'à l'infidélité-, tout en  gardant une attitude "mi-pute, mi-soumise" et bien entendu éviter de lui dire "Je t'aime" trop souvent pour pas trop l'étouffer. Cela tombe bien car moi personnellement, un mec qui me trompe j'ai pas trop envie de lui dire je t'aime... 

Vous allez me dire : c'est quand même chaud (sans mauvais jeu de mots) de rendre un homme fou de plaisir. Oui-da ! Car en plus, il va falloir mesdames passer à la pratique. Mais pas de panique, c'est la seconde partie du livre qui se veut assez complète sur le sujet : de la sodomie, en passant par la branlette espagnole et -bien entendu- la fellation, l'échangisme, rien ne vous sera épargné. Ah si, on ne parle pas de zoophilie ou de nécrophilie....En même temps, on n'a jamais dit que c'était facile !

 

Un peu d'avis...

Ces conseils -accessibles et sans (presque) aucune vulgarité- ont donc pour mission de décupler les performances des femmes qui ont des relations sexuelles: ainsi l'homme sera à note botte et n'aura (presque) plus envie d'aller voir ailleurs. Selon une rumeur, ce livre serait responsable du coma de plusieurs chiennes de garde mais l'information reste à vérifier...  Car si ce guide s'adresse aux femmes,il n'y a pas une once de féminisme là-dedans. A ce titre, la partie "théorique" m'a laissée dubitative dans la mesure où les conseils donnés semblent tout droit sortis d'une autre époque. Le maître-mot étant à chaque fois de laisser l'homme dominer....Enfin, pour être exacte, il s'agit davantage de le "laisser croire" qu'il domine alors que nous autres, femmes, sommes les réelles maîtresses du jeu. Mouais. Les rapports de pouvoir au sein des couples, que ce soient lors de la période de séduction -ou même des relations sexuelles- ne m'ont jamais parus très sains. Je ne nie pas leur existence - loin de là- mais quand ils prennent trop de place, c'est, selon moi, parce qu'ils viennent simplement combler une relation qui tourne à vide. 

Là où ça se corse, c'est quand le guide conseille d'aller voir ailleurs quand il nous fatigue, de le laisser aller voir ailleurs quand on le fatigue.... Du coup, je m'y perds: si je vais voir ailleurs, dois-je rendre mon amant fou de plaisir ? ou c'est seulement à mon officiel que je réserve mes savoirs-faire ? Avouez que cela devient un vrai casse-tête. Pour ce qui est de le laisser gentiment aller voir ailleurs, je ne dirai à cela qu'une seule chose: plutôt crever. Je pense que certaines choses doivent se faire en secret et tromper l'autre en fait partie. Et pourquoi pas sortir la panoplie de pom-pom girl et l'encourager tant qu'on y est ?! D'ailleurs, s'il finit par me tromper, ne doit-on pas considérer que c'est parce que mon projet de le rendre fou de plaisir a lamentablement râté ? Pas si l'on en croit l'auteure de ce guide -éternelle optimiste- qui en impute la faute aux hommes qui -eux- ont sans cesse envie d'aller voir y ailleurs. Alors que bon, nous aussi, ça peut nous arriver mais moins fréquemment : c'est normal, nous sommes des filles. Attendez: on vient de me dire dans l'oreillette que Susan Faludi venait de faire un malaise cardiaque au moment où j'écrivais cette phrase...

Passons à la partie pratique qui, elle, est beaucoup plus amusante et donne pleins de croustillants conseils. Là je dois dire que je me suis régalée. Le langage - souvent fleuri- a le mérite d'être direct. J'ai aimé cette façon si naturelle de parler de pratiques qui pour certaines (je ne parlerai pas de mon cas personnel, faut pas pousser...) ne le sont pas, comme la sodomie, l'échangisme ou même l'éjaculation faciale (avec de tels mots dans mon billet, j'ai hâte de voir demain par quels termes de "google research" certains internautes vont arriver ici. Si vous êtes l'un d'eux, désolée il n' y a rien de pornographique dans ce livre). Toutefois, si j'ai aimé le côté direct de ce guide, j'ai trouvé qu'il manquait cruellement de profondeur (sans mauvais jeu de mots, bis). Ici le sexe est envisagé seulement pour lui-même et donc, comme quelque chose d'indépendant aux relations de couples, et aux relations aux autres tout court. Et finalement ce guide -arme de plaisir massif- est un peu superficiel dans son ensemble. Autrement dit, je n'ai pas  eu connaissance de nouvelles pratiques pour rendre les hommes fous de moi... En même temps, il est difficile d'être créatif dans le domaine du sexe qui est, à notre époque, omniprésent.... Il est un peu effrayant de se dire qu'un clip de Britney Spears ou Christina Auguilera vous en apprendra (quasiment) autant que ce guide...

 

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 12:19

Couverture-LFCDV.jpg

Je suis une (trop) grande amatrice de vin, ce qui explique sans doute pourquoi j'ai tenu à lire ce livre. A ce titre, j'en profite pour remercier le site Blog-o-book pour ce partenariat, ainsi que les éditions Bourin Editeur.

 

Un peu d'histoire....

Ce livre se propose de nous offrir une vision approfondie de la fabrication du vin : de la récolte des raisins jusqu'à sa vente, en passant pas la critique (celle des blogs mais aussi des professionnels). Les auteurs se proposent de balayer les idées reçues sur ce produit réputé "naturel". En effet, le vin ne l'est pas tant que ça. De nombreux vignerons, peu scrupuleux, ont trouvé la faille : ils ne sont pas obligés d'avouer leurs petits secrets de fabrication aux consommateurs.

Aussi, chez certains vignerons, la fabrication du vin a tout d'une expérience tirée du manuel du parfait petit chimiste: pesticides, arômes artificiels, souffre, sucre...Le but ? Faciliter sa fabrication mais aussi sa vente, en donnant au vin une plus belle couleur et un meilleur goût, (moins acide, plus sucré, plus boisé, etc.). Bien entendu, ces ajouts en tout genre dénaturent le vin (et surtout sa réputation de produit naturel) mais se révèlent dangereux pour la santé des vignerons, ainsi que celle des consommateurs de vin.  

 Les auteurs de ce livre dénoncent aussi les combines qui se cachent derrière la vente de ce produit si prisé. Ainsi, la grande distribution et ses "foires au vin" appauvrissent le marché en se concentrant toujours sur les mêmes marques; des marques qui, d'ailleurs, pour les plus réputées n'ont pas pour but de vendre des produits de qualité mais simplement une image : celle du luxe. Pour ne plus acheter idiot, les auteurs terminent leur livre en évoquant les vignerons qui résistent et continuent de produire un vin de qualité, issu de l'agriculture biologique. On trouve donc à la fin du livre un annexe de "44 vignerons remarquables" qui nous renseignera sur ces petits producteurs qui luttent contre l'uniformisation.  

 

Un peu d'avis...   

Qui a dit que le vin n'était pas dangereux pour la santé ? Il est responsable de nombreuses grossesses non désirées, d'accidents et même pire (viols, meurtres, et autres joyeusetés). Même sans en arriver jusque là, les auteurs de ce livre sont clairs : un seul verre peut s'avérer fatal. Entre les pesticides et le souffre qui provoque certaines intolérances, je peux m'estimer heureuse d'être encore en vie, vus les nombreux verres de vin que j'ai avalé dans ma vie...

Evidemment, vous l'aurez compris, je ne suis pas une adepte de ce qui est estampillé "bio".Ce genre de considérations me laisse froide, d'autant que le livre pointe du doigt autant les vignerons peu scrupuleux que les consommateurs, ces "moutons" (voilà une appellation qui fait plaisir !). En effet, le consommateur lambda est avant tout influencé par l'étiquette et le prix du vin (mais en même temps je me demande comment choisir son vin selon d'autres critères ?) et finalement revient toujours vers les mêmes marques. Cette critique du consommateur est un peu facile...Quand on n'aime le vin mais qu'on n'y connait peu (ou pas) grand chose, on n'a pas d'autres choix que de se fier aux marques et à leur réputation... 

Toutefois, les auteurs pointent avec justesse les failles du système et notamment THE VILAIN par excellence : la grande distribution. Derrière ce manichéisme évident -les gentils vignerons bio d'un côté et les méchants de l'autre (qui regroupent les vignerons chimistes ou fraudeurs, la grande distribution, etc.), force est d'admettre que le consommateur apprend plein de choses en lisant ce livre, que ce soit sur la fabrication du vin, son uniformisation propre au goût de l'époque et sa vente.  Voilà un livre utile et même si je ne partage pas totalement les opinions des auteurs sur ce qui est bio, je suis satisfaite d'avoir appris tout ce qui se cachait derrière la fabrication du vin...

Est-ce que cela changera quelque chose pour moi et ma consommation ? Peut-être pas... Mais c'est tout de même un livre qui éclaire le lecteur en lui apporte des réponses concrètes sur ce qu'il a dans son verre. Je me demande comment ce livre a été reçu dans le milieu vigneron car c'est tout de même une petite bombe... Par contre, là où je m'insurge, c'est quand les auteurs écrivent page 54 que "le vin n'est pas nécessaire à la survie de l'espèce humaine". J'ai envie de leur répondre: ça dépend de quel être humain...Parce que moi, personnellement, j'en ai besoin pour vivre... Sur ce, je vous dis à la vôtre !   

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 09:07

9782879296777.jpg

Après la lecture de quelques extraits de ce livre, j'ai eu envie de m'y plonger complètement. Et j'avoue ne pas avoir été déçue ! La journaliste Florence Aubenas y raconte comment elle s'est faite passer pour une demandeuse d'emploi dans une France en pleine "crise"...


Un peu d’histoire…

Florence Aubenas s’installe à Caen où elle se fabrique une vie sur mesure : elle était femme au foyer jusqu’au jour où monsieur est parti. Munie du sésame incontournable - un CV qui s’apparente à un gigantesque trou noir-, elle décide de faire le tour des agences d'intérim et du Pôle emploi. L’objectif est simple : trouver un CDI le plus rapidement possible. Un vrai défi en ces temps de crise où l’on trouve des « heures » mais pas de véritable emploi. Le salut viendra du domaine de l’entretien, le seul où l’on puisse encore être intégré sans diplômes. Dès lors, Aubenas  doit trouver un nombre suffisant d’heures pour pouvoir payer son loyer (celui d’une petite chambre meublée) et manger. Autant vous dire que cela s’avère très difficile…Et une fois cette tâche accomplie, le parcours du combattant ne fait que commencer : elle doit trouver une voiture à moindre coût, faire de nombreux allers et retours d'entreprises en entreprises, accomplir un travail tuant et tenter de vivre avec moins de 700 euros par mois. Vivre ? Non, plutôt survivre…

 

Un peu d’avis…

Aubenas nous livre un tableau sans concession de ces travailleurs pauvres, qui sont devenus encore plus pauvres après la crise. Les hallucinantes descriptions du Pôle Emploi et de son fonctionnement nous donnent l’impression d’être à la fois chez Kafka et Beckett : tout y paraît absurde. La diffusion perpétuelle sur des écrans du fameux message « Vous avez des droits, mais aussi des devoirs. Vous pouvez être radié » glacerait le sang de n’importe quel être humain. Et les formations imposées sont, elles, toutes plus imbéciles et inutiles les unes que les autres...

Décidément, à la lecture de ce livre, on se dit que le monde ne tourne pas rond…Car derrière l’absurdité, il y a des drames humains qui se vivent: manger avec trois euros par jour, "chauffer" son appartement à 15°, vivre (et surtout trouver du travail) sans téléphone...Les conseillers du Pôle Emploi et leurs « clients » (comme les nomme Aubenas)  ne parlent pas le même langage: les premiers raisonnent statistiques, les autres pensent survie.

Le monde dont nous parle la journaliste est malheureusement trop peu connu: c'est celui où les gens ne maigrissent pas parce qu'ils font un régime mais parce qu'ils ont un cancer, où l'on se laisse pourrir les dents parce que le dentiste coûte trop cher, où l'on se fait un fête de pouvoir se payer une pizza surgelée "de grande marque". Le récit de ces vies étouffées, calcinées qui ont pour unique prérogative leur survie, ainsi que celle de leur famille, nous apparait bien souvent aberrant. Le livre d'Aubenas a le mérite de ne pas transformer la réalité : elle nous apparait dure, violente même et donc terriblement vraie. 

La journaliste nous brosse un portrait touchant -mais sans complaisance- de ces compagnes de galère. Ces femmes ont fait le deuil de trouver un jour un emploi stable, elles se sentent exclues de cette société où elles ne semblent avoir aucune place. D'ailleurs, la plupart du temps, partout où elles passent, on les ignore, on ne les voit pas, elles n'existent pas. Pire, leurs chefs leur demandent de faire en deux heures ce qui ne pourrait pas se faire en moins de trois heures. Peu importe de toute façon, elles seront payées pareil; et si elles quittent le travail sans avoir terminé, il sera inutile de revenir le lendemain....

Ce livre ne changera évidemment pas la condition de ces travailleurs, de ces  victimes de la crise.  Mais en nous exposant leurs souffrances (à la fois physique et morale), leurs sourires et leurs espoirs aussi, Aubenas leur rend un bel hommage. Aussi, ce livre a tout de même un effet: celui de nous faire partager tout cela, et bien plus encore.. Le lecteur est ainsi souvent révolté, atterré, bouleversé devant la situation de ces gens...Et c'est peut-être comme ça que le changement commence, non ?

Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 16:50

 

Dans ce britney_comment-9ff70.jpglivre, aussi beau que bien, Elise Costa nous raconte son voyage aux USA où elle s'est lancée sur les traces de la célèbrissime Britney Spears. De LA, en passant par New-York et Kentwood, elle cherche à comprendre d'où vient la fascination suscitée par la star qui même au plus bas, reste toujours au top. Comme l'explique l'auteur, Britney est la seule chanteuse et danseuse, qui ne chante pas, ne danse pas non plus d'ailleurs (elle marche, c'est même elle qui le dit dans Piece of me) mais qui vend encore des CDs (pour les ados qui me liraient, c'est ce truc rond, pas très grand qui permettaient à vos parents d'écouter de la musique) et fait salle comble lors de sa dernière tournée. Elle méritait bien un livre intelligent, cette Britney. Non ? 

 

Recherche Britney désespérément...

A la manière du journalisme gonzo, Elise Costa écrit un livre qui ne parle pas vraiment de Britney Spears mais qui analyse plutôt le "phénomène Britney". Vous n'apprendrez rien (ou presque) de son enfance, de ses parents, de sa première télé (qui a dû coincider avec sa première ligne) ou de sa nuit de noces (qui a dû coincider avec sa milliardième ligne). La journaliste préfère chercher à savoir pourquoi Britney-chauve-beurrée-à poil-stone ou engrossée, suscite autant de haine et de passion. Car la jeune fille dès 1999 (lorsqu'elle était pure et vierge rappelons-le...) est d'emblée plus qu'un simple phénomène de mode. Elise Costa nous rappelle en effet que Britney arrive en pleine révolution adolescente. Avec les années 90, on assiste à l'avènement de ces produits pour ados qui avaient commencé à émerger dans les années 80. Les teenagers américains deviennent omniprésents: ils écoutent Take That, pleurent Kurt, se marrent dans un lycée uppé de Beverly Hills, tuent des vampires, se font découper en lamelles dans les films de Wes Craven, se séduisent dans Clueless, se roulent des pelles dans Dawson, ont des relations sexuelles dans les films de Greg Araki. En un mot, les adolescents prennent le pouvoir...Les pages du livre consacrées à cette génération sont véritablement jouissives car elles nous font revivre l'un des tournants majeurs de ce siècle: l'adolescent devient la cible marketing débile de l'industrie musicale, cinématographique (et aussi éditoriale, mais un peu plus tard). 

 

Qu'est-il arrivé à Baby Brit ? 

C'est à ce moment-là qu'une adolescente à couettes débarque sur MTV dans un lycée où elle s'ennuie ferme, préférant danser comme une aliénée pendant le cours de gym. Avec sa fraîcheur, ses convictions d'un autre âge (reprises plus tard par Stephenie Meyer, qui a tout pompé sur Britney), ses mélodies pop acidulées et son côté un peu pecnaud (Britney vient de Kentwood, on vous le rappelle...), elle parvient à convaincre et à vendre des caisses de Baby...one more time. La presse lui prédit un quart d'heure de célébrité wharolienne, elle deviendra le symbole d'une génération...un peu perdue. Car entre devenir une icône chrétienne et une icône sexuelle, le coeur de Britney balance...deux secondes. Ainsi la fine fleur de l'Amérique paumée passe de la girl-next-door à la porn-star en moins de temps qu'il ne faut à George W. Bush pour bombarder l'Afghanistan. Lasse de l'odeur de sainteté qu'elle diffuse autour d'elle, Britney se met donc à fumer, à boire, à s'afficher avec un chanteur décérébré, à s'intoxiquer au Starbuck et à faire la fête. Bref, elle se comporte comme n'importe quelle jeune fille de son âge. Sauf que tout cela se fait sous l'oeil morbide des paparazzi qui ne manquent jamais une occasion de la montrer sous son meilleur jour: le cheveu gras, l'oeil torve, la clope au bec, sans culotte, en larmes...So glamour.

 

Teenage Whore...

Et la descente aux enfers commence pour celle qui de Britney passe à...Courtney. Et comme son acolyte grunge, plus rien ne l'arrête désormais sur la voie de la trash attitude. Elise Costa nous fait le récit de cette descente aux portes de l'Enfer avec beaucoup de justesse, sans état d'âme, ni voyeurisme. Dans l'ordre (enfin, je crois), Britney: épouse un looser lors d'une cérémonie pathétique, veut copiner avec l'ennemi (les paparazzi), donne naissance à deux adorables bambins, divorce dans la foulée, engage un manager fêlé, fait des apparitions ubuesques à base de coups de parapluie, se rase la tête, porte une perruque rose en prenant l'accent anglais, etc. Alors, petit passage à vide ? Abus d'alcool et de stupéfiants ? Maladie mentale ? Ou les trois à la fois ? Costa ne donne jamais de réponse claire à ce sujet car on ne peut y répondre de manière catégorique. Toutefois, on sait de source sûre (sa mère, symbole de la mère sacrificielle qui a porté sa fille jusqu'à la gloire, pour ensuite en confier la responsabilité à son père lorsque ça a mal tourné. Classe.) que la petite Britney aurait eu un vilain baby blues qui se serait aggravé par manque de soins. Mouais.    

 

Pour en finir avec Britney Spears...

Faute de réponse, ce livre apporte un éclairage frais sans être naif, sur le phénomène Britney: le pourquoi de son succès, de sa descente aux enfers, de son come back réussi. Si le profane sera peut-être un peu déboussolé (mais pas tant que ça car tout le monde sait déjà tout de Britney...même, et surtout ceux qui la détestent), le fan rentrera dans ce livre comme dans sa propre maison. Il appréciera l'humour de la journaliste, ses rencontres improbables faites tout le long de ce voyage, son écriture fluide et agréable, ainsi que ses anecdotes sur Britney comme sur sa propre vie. Au final, dans ce livre d'une originalité rare, Elise Costa décomplexe le fan de base (comme moi) qui se sentirait honteux d'aimer Britney (comme moi). Pour cela, je l'en remercie.

 

 


Repost 0
Published by Sara - dans Documentaire
commenter cet article