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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 08:14

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Cette pièce tardive d'Ibsen -créée en 1892- est actuellement à l'affiche au théatre Hébertot . Une bonne occasion pour se plonger dans cette oeuvre qui, contrairement aux oeuvres les plus connues d'Ibsen, met en première ligne un homme...


Un peu d'histoire...

N'ayant pas eu le diplôme requis d'architecte, Solness n'est qu'un "constructeur". Issu d'un milieu modeste, l'homme - d'âge mûr- s'est fait tout seul et en tire une certaine satisfaction. Véritable despote, il mène son entourage à la baguette et l'atmosphère dans les bureaux du constructeur est loin d'être sereine: Knut Brovik, son assistant vieillissant, souffre du manque de reconnaissance de Solness; Ragnar Brovik, son fils, est dessinateur mais voudrait bien que Solness lui laisse sa chance pour devenir constructeur; Kaja Fosli, la secrétaire, se donne corps et âme à son patron bien qu'elle soit fiancée à Ragnar. 

Le besoin de tout contrôler de Solness en devient presque maladif et lorsque à cela s'ajoute un certain désespoir, sa femme, Aline, commence à s'inquiéter. Consciente que la santé mentale de son mari est de plus en plus déclinante, elle le fait surveiller par le docteur Herdal. Mais Solness ne supporte pas cette surveillance perpétuelle : elle affecte son travail ainsi que ses relations avec Kaja dont sa femme semble d'ailleurs avoir bien perçues la nature.

La vie de Solness va basculer avec l'arrivée d'une jeune femme, Hilde, qu'il a rencontré dix ans plutôt. A l'époque, Hilde -alors adolescente- avait été séduite par le constructeur au cours de l'inauguration d'une de ses églises. Solness, visiblement très en verve ce jour-là, avait promis à l'adolescente qu'il reviendrait la chercher dans dix ans. Hilde, patiente et amoureusee, a attendu mais Solness n'est pas venu : c'est pourquoi elle est là, devant lui, aujourd'hui. Désarçonné, Solness, avec l'accord d'Aline, décide d'accueillir cette femme-enfant, à la bonté et la poésie sans bornes. Hilde va lui faire ainsi découvrir une vision du monde, de la vie et des autres, radicalement différente de la sienne...  

 

Un peu d'avis.....

Solness le constructeur est une tragédie expéditive : trois actes  qui se déroulent à un rythme soutenu, sans aucune relâche Tout va très vite dans cette pièce, ce qui peut paraitre étonnant car Ibsen nous a habitué à moins de précipitation. Peut-être est-ce pour nous signifier que Solness n'a désormais plus le temps ? Car pour cet homme à l'aube de sa vie, il est clair que le temps est compté. Cette pièce se veut avant tout un drame sur la vieillesse, sur cette fameuse "heure du bilan" - et aussi sur tout ce qui nous ronge depuis toujours et que l'on ne peut oublier. La vie de Solness -et des siens- est pleine de drames, dont personne ne parvient à trouver un sens.

Aspiré dans cette spirale de questionnements, l'arrivée de Hilde ne fait finalement que réveiller la tragédie endormie. Cette jeune femme incarne non seulement la jeunesse, mais aussi l'espérance, cette vertu qui fait défaut à tous les personnages de la pièce; c'est d'ailleurs, ce qui les rend si vieux, tellement plus que Solness qui tente de se raccrocher à l'espoir, à la vie et à l'amour comme il peut. Ce dernier élan donne un troisième acte exalté et plein de ferveur qui nous ferait presque oublier qu'on est en train de lire du Ibsen. Pour autant, le dramaturge reprend de nombreux thèmes qui lui sont chers dans cette pièce: l'incommunicabilité, la solitude, la peur de la mort. Mais il les traite parfois de manière légère, presque insouciante, ce qui les rend d'autant plus forts.

Solness, ce véritable Dieu vivant, ne connait pas les autres qui l'entourent, pour une raison très simple : il ne les voit pas parce qu'ils ne l'intéresse pas. Le cas le plus probant est sa femme, Aline, dont il ignore pour ainsi dire tout. Il y a donc bien quelque chose de pourri dans le royaume de Solness: ses relations avec les autres sont construites -ou plutôt déconstruites- sur la haine, le mépris, le conflit. Sans doute, cela explique-t-il cette santé mentale bien fragile... Habité par le désespoir, et surtout la solitude, Solness est en proie au doute perpétuel. Cela le ronge, le travaille, le mine et l'amène bientôt au bord du gouffre. On pourra s'interroger évidemment sur le sens de la fin de la pièce: suicide ? accident? meurtre ? Dans ce monde douloureux, toutes les hypothèses sont envisageables... 

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commentaires

Noukette 01/11/2010 21:52



Je ne connaissais pas cette pièce, j'aime beaucoup ce que tu en dis en tous cas !



Sara 03/11/2010 10:28



Merci Noukette! Cette pièce est  à découvrir même si ce n'est pas ma préférée d'Ibsen.



Theoma 01/11/2010 18:50



L'auteur et l'acteur... alléchant !



Sara 03/11/2010 10:27



Comme tu dis... 



lili 31/10/2010 17:14



Je n'ai encore jamais rien de cet auteur, pourtant ce n'est pas faute d'en entendre parler... Sinon, HS mais j'adore ton nouveau look de blog !



Sara 31/10/2010 21:37



Merci Lili, mon nouveau look, c'est pour Halloween ! Mais je crois que je vais le laisser un peu plus longtemps ! Je te conseille Ibsen mais commence par Hedda Gabler ou Une maison de poupée, des
pièces que j'ai préférées à celle-là. 



irrégulière 30/10/2010 15:34



tiens, ça m'intrigue...



Sara 31/10/2010 21:39



Il faut, à mon avis, aller voir cette pièce plutôt que la lire, dans un premier temps.