Partager l'article ! Le jeudi, c'est citation ! (2): ` Voici un extrait de Thérèse Desqueyroux de Mauriac ...
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Voici un extrait de Thérèse Desqueyroux de Mauriac qui est sans doute l’un de mes romans favoris. L’histoire commence par la sortie du tribunal de Thérèse accusée d’avoir empoisonné son mari. Protégée par sa famille – qui craint plus que tout le scandale- un non-lieu est prononcé. La jeune femme prend le train pour retrouver son mari à Argelouse et, durant ce voyage, revient sur son passé, et particulièrement sur les circonstances qui l’ont poussée à commettre un tel crime. Je vous laisse découvrir la scène du mariage où Mauriac décrit de manière effarante et effrayante les inquiétudes de la future mariée...
Le jour étouffant des noces, dans l'étroite église de Saint-Clair où le caquetage des dames couvrait l'harmonium à bout de souffle et où leurs odeurs triomphaient de l'encens, ce fut ce jour-là que Thérèse se sentit perdue. Elle était entrée somnambule dans la cage et, au fracas de la lourde porte refermée, soudain la misérable enfant se réveillait. Rien de changé, mais elle avait le sentiment de ne plus pouvoir désormais se perdre seule. Au plus épais d'une famille, elle allait couver, pareille à un feu sournois qui rampe sous la brande, embrase un pin, puis l'autre, puis de proche en proche crée une forêt de torches. Aucun visage sur qui reposer ses yeux, dans cette foule, hors celui d'Anne ; mais la joie enfantine de la jeune fille l'isolait de Thérèse : sa joie ! Comme si elle eût ignoré qu'elles allaient être séparées le soir même, et non seulement dans l'espace ; à cause aussi de ce que Thérèse était au moment de souffrir de ce que son corps innocent allait subir d'irrémédiable. Anne demeurait sur la rive où attendent les êtres intacts ; Thérèse allait se confondre avec le troupeau de celles qui ont servi. Elle se rappelle qu'à la sacristie, comme elle se penchait pour baiser ce petit visage hilare levé vers le sien, elle perçut soudain ce néant autour de quoi elle avait créé un univers de douleurs vagues et de vagues joies ; elle découvrit, l'espace de quelques secondes, une disproportion infinie entre ces forces obscures de son coeur et la gentille figure barbouillée de poudre. Longtemps après ce jour, à Saint-Clair et à B., les gens ne s'entretinrent jamais de ces noces de Gamache (où plus de cent métayers et domestiques avaient mangé et bu sous les chênes) sans rappeler que l'épouse, « qui sans doute n'est pas régulièrement jolie mais qui est le charme même », parut à tous, ce jour-là, laide et même affreuse : __ « Elle ne se ressemblait pas, c'était une autre personne... »
J'avoue ne pas avoir aimé du tout ce roman. D'ailleurs, je n'aime pas Mauriac... :-/
Ah, je comprends que l'on n'accroche pas avec Mauriac...Personnellement, je le vénère.
Il va me falloir encore un peu de temps pour aborder Mauriac! Mais c'est un bel extrait!
Merci ! C'est vrai que ce roman est magnifique et se lit très vite !
Je ne crois pas l'avoir lu..., honte à moi ! J'aime beaucoup l'extrait choisi ! ;-)
C'est un très beau roman ! Mauriac est un écrivain génial même si son univers est un peu particulier.
j'aime beaucoup cet extrait.
Merci Sarah !
j'aime beaucoup cet extrait.