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  • : Les livres de Sara
  • : De la lecture, du second degré, et parfois de la littérature !
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 05:50

http://librairtaire.fr/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/La-Venus-a-la-fourrure.jpgC'est parti pour découvrir l'oeuvre culte ahum, parue en 1870, de celui qui donna son nom au masochisme...

 

Un peu d'histoire...

Tout commence par un rêve : le narrateur se souvient d'avoir fait un rêve étrange, celui d'une rencontre avec une femme sublime, sorte de Vénus romaine. Cette femme lui confiait : " Vous appelez cruauté, ce qui fait l’élément propre de la sensualité et de l’amour pur, la vraie nature de la femme : se donner où l’on aime et aimer tout ce qui plaît". A son réveil, l'homme est interloqué par ce rêve étrange et décide de le raconter à son ami Séverin. Ce dernier lui confie que ce que cette femme lui a dit en rêve est vrai. Il lui remet alors son journal intime intitulé Confessions d’un suprasensuel. Le narrateur, en même temps que le lecteur, découvre dans ce journal le passé insoupçonné et insoupçonnable de Séverin. Celui-ci y relate sa passion sulfureuse pour la sublime Wanda von Dunajew, une jeune veuve.

Cette femme est une collectionneuse d'amants qui a pour seul principe le plaisir...Mais avant d'arriver dans son lit, il faut montrer une certaine détermination. Plus elle le fait languir, plus Séverin devient fou: il développe ainsi plus qu'un sentiment à son encontre mais une véritable soumission. Pour parvenir à ses fins, Séverin décide de rédiger un contrat : il s’engage à être le domestique de Wanda et a subir dans la joie et l'allégresse les plus viles humiliations pour la satisfaire. En échange, la jeune femme devra revêtir la fourrure que Séverin aime temps avant de s'adonner au plaisir.... La jeune femme est d'abord révoltée par cette proposition mais finalement, elle accepte le contrat. Avant de partir en Italie,  elle décide donc d'emmener Séverin avec elle mais pas en tant qu'amant, comme il le croit mais en tant que domestique. Le jeu de rôles peut commencer...


Un peu d'avis.... 

Ce petit livre est un soi une curiosité que je ne regrette pas d'avoir découvert. Dans cette relation qui nous est contée, Sévenin incarne l'agneau inoffensif alors que Wanda a tout de la femme fatale diabolique. Ce n'est pas un hasard si Manon Lescault est cité à plusieurs reprises... L'union de ces deux êtres est étrange et suscite l'intérêt du lecteur à bien des égards : d'abord parce qu'il aura envie de baffer Séverin à moult reprises, de s'étonner face aux humiliations dont il est victime ou de rire à ses lubies comme celle la fourrure. La versatile Wanda, quant à elle, ne cesse de jouer avec ses nerfs comme avec sa queue  son désir. Pour soi-disant attiser la flamme, elle multiplie les incartades, n'hésitant pas à se donner à d'autres hommes. Quant elle retrouve Séverin, le seul homme qu'elle dit aimer, c'est pour le fouetter, le faire pincer par ses domestiques ou l'avilir en faisant de lui un simple valet. Pendant ce temps Sévenin, lui, est aux anges, bien évidemment... Cette peinture étrange de l'amour étonne autant qu'elle amuse mais en cela, elle se révèle assez intéressante.

Evidemment les caricatures se cotoient dans ce récit qui pourra, à cet égard, un peu agacé le lecteur. On se demande comment Séverin fait pour être aussi naif... Il est surprenant de constater que Sacher-Masoch joue là-dessus : il ne semble à aucun moment vouloir faire "vrai". Rien, dans ce récit, ne paraît réel : les jeux de dupes, de déguisements et de rôles transportent le lecteur dans un monde factice, proche du carnavalesque. On se croirait dans une gigantesque pièce théâtrale où finalement chacun change de role, de statut parce que tout le monde cherche sa place dans ce monde; surtout la femme d'ailleurs. En effet, n'oublions pas la plus grande inversion du récit réside dans le fait que c'est la femme qui est la "maîtresse" et Sévenin le "soumis"... Wanda est le type de femme forte, hédoniste et sûre d'elle.

C'est à croire que Sacher-Masoch était plus moderne que toutes ces greluches d'écrivaines actuelles qui mettent en scène des morues écervelées aux prises avec des milliardaires qui se révèlent mous de la tige dès qu'on enlève les chaînes. Une modernité indéniable qui éclate dans les dernières pages du roman quand le narrateur affirme au sujet des relations hommes-femmes: "C'est que la nature de la femme et le rôle que l'homme lui donne actuellement font d'elle son ennemie: elle ne peut être que son esclave ou son tyran mais jamais sa compagne. C’est seulement lorsqu’elle lui sera égale en droits, quand elle le vaudra par l’éducation et le travail, qu’elle pourra le devenir. Etre le marteau ou l’enclume, nous n’avons pas d’autre choix aujourd’hui." 

 Niveau cul-quéquette-et-branlettes sexe, le récit est plutôt pauvre : on est davantage dans de l'érotisme...et encore très léger. Au mieux, on parle de caresses exquises, de baisers voluptueux. Bref pas de quoi choquer Oui-Oui... Le contrat signé entre chacun des parties parait d'ailleurs bien innocent au lecteur du XXI e siècle. Soyons honnête, j'ai attendu tout au long du roman, des scènes osées et un vocabulaire un peu plus disons "ciblé". Mais Sacher-Masoch n'est pas Sade et je n'ai donc pas vu l'ombre d'un "vit", ni même entendu quelqu'un "décharger". L'écriture de Sacher-Masoch est délicieusement subtile, fine mais un laissera le lecteur sur sa faim. En gros, si vous cherchez des déchainements sulfureux, des poils, de la sueur et du sperme, et bien vous pourrez repasser. L'intérêt est ailleurs et il est bien réel...Un récit à savourer comme une curiosité: un récit unique en somme.         

 

Et pour accompagner, voici la chanson culte qui s'inspire de l'oeuvre de Sacher-Masoch :

Ce billet a été publié dans le cadre du "premier mardi c'est permis" initié par ma copine Stéphie

 

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commentaires

L'Irrégulière 03/10/2013 14:51


Un grand classique !

Sara 07/10/2013 10:09



Clairement !



Noukette 02/10/2013 00:05


J'adore quand tu décortiques les "classiques"... J'apprends plein de trucs, tu es ma prof préférée ! ;-)

Sara 07/10/2013 10:10



Mouah ah ah !! 



Parthenia 01/10/2013 19:17


je trouve ton billet à la fois passionnant et intéressant !


j'avais déjà entendu parler de l'auteur comme ayant donné le nom au masochisme mais je ne m'étais jamais intéressé à son oeuvre... tu me donnes envie de la découvrir !


et merci pour le lien musical, c'était sympa à écouter !

Sara 07/10/2013 10:10



De rien ! Je pense que cette oeuvre est vraiment intéressante. 



Alex-Mot-à-Mots 01/10/2013 14:01


Je ne savasi pas qu'il était encore édité.

Sara 07/10/2013 10:10



Si ! Et j'ai foncé dès que je l'ai vu d'ailleurs ! 



jerome 01/10/2013 12:43


Bon si on entend personne décharger, je ne vois pas l'intérêt^^

Sara 07/10/2013 10:11



Je peux comprendre !!