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J'en suis...

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 06:13

 http://www.images-booknode.com/book_cover/198/la-douce-198160-250-400.jpgJ'aime d'amour Dostoievki, auteur exigeant mais passionnant aussi, a publié cette nouvelle, dans Le Journal de l'Ecrivain en 1876. Comme toujours, il cherche à percer à jour l'âme humaine avec une terrifiante acuité... 

 

Un peu d'histoire 

Fin du XIXe siècle, en Russie, un homme est au pieds du lit conjugual sur lequel git sa femme suicidée... Il commence alors un long monologue qui vise à rassembler  les souvenirs de sa vie conjugale afin de remonter aux prémisses de la lente dégradation de leurs noces. Cet homme de 41 ans, prêteur sur gages, est un ancien militaire, exclu de l'armée pour lacheté avérée. Il a depuis consacré son temps à faire fortune aux détriments des plus démunis. C'est dans cette antichambre de l'enfer qu'il a rencontré sa future femme, une pauvresse de 16 ans. Touché par la jeune femme, il l’a épousée afin de la sortir de la pauvreté. Mais entre les époux, l'incompréhension domine dès le départ : lui, insensible à ses charmes ; elle qui veut le séduire. Rejetée, elle se laisse séduire par un militaire de l'ancien régiment de son mari... De vexations en humiliations, le fossé entre les deux époux se creuse petit à petit, toujours plus intense et plus profond jusqu'au drame final.

 

Un peu d'avis....  

Dans un style toujours très sobre, Dostoievski livre un monologue âpre sur l'âme humaine. L'homme essaye de comprendre l’échec de son couple, interroge une culpabilité à laquelle il a tant de mal à faire face. Ce court monologue questionne donc l’amour, la manière dont il est vécu, -très différemment- par les deux personnages. D'ailleurs s'aiment-ils vraiment ? C'est tout l'enjeu du monologue... Au cours d'une dispute -finale- particulièrement terrible, on aura quelques réponses : il s'agit d'un amour à la fois passionné, total mais aussi teinté de rancoeur, de sadisme, de haine. Elle, si jeune, voulait être aimée de manière absolue ; lui, si réservé, voulait une amitié prudente.  

L'enjeu de la nouvelle se situe pourtant autre part que dans la description de cet amour. C'est surtout l'âme humaine qui est au coeur du texte. Comme souvent chez Dostoievski, les personnages interpellent. Ici, on demeure dans l'interrogation jusqu'au bout : qui est cet homme ? Est-il vraiment ce lâche, incapable de faire face ? Et surtout, pourquoi a-t-il épousé cette jeune femme? Et elle, qui est-elle ? Et pourquoi a-t-elle accepté ce mariage qui est davantage un arrangement ? Rien n'est clair, tout est ambigu...

Car plus on avance, moins l'homme apparait être le médiocre qu'il semblait être au début. Dépassé par tout ce qui relève de l'âme et du coeur, il devient un personnage sublime dans les dernières pages:  il refuse de renoncer. Quant à sa femme, douce écervelée, elle prend une dimension supérieure par son suicide même. Acte de renoncement, son geste est aussi révolte contre une société dans laquelle la femme est perpetuellement dénigrée. Son suicide est avant tout l'acte d'une femme qui ne veut pas renoncer à ce qu'elle est, à sa vision de l'amour. A la fois magnifiques et stupides, les personnages restent un mystère, ce qui confine au tragique lorsqu'ils se rencontrent, se confrontent l'un à l'autre pour finalement se détruire. Et c'est toujours du non-dit -et parfois de l'indicible- dans le couple que va naître l'horreur. 

L'avis de Violette  

 

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commentaires

Violette 04/06/2013 11:34


merci pour le lien :-) Je l'avais presque oublié ce bouquin !!!

Karine:) 27/05/2013 02:52


Moi aussi, Dostoïevsky vient me chercher... je n'ai pas lu ça.. why not!

Moka 18/05/2013 15:44


Un jour, je lirai Dostoïevski.

Mango 18/05/2013 13:46


J'ai beaucoup aimé ses grands livres. Je ne connaissais pas ce titre-ci mais ton résumé me donne envie de me le procurer. 

Sandrine 18/05/2013 08:50


J'aime Fedor d'amour aussi, et je le lis comme on picore : un livre de temps en temps, car oui il est exigeant :) Mais comme c'est beau et fort. Je ne connais pas ce titre mais je vais me le
trouver (ça y est j'entre en phase picoration de Dostoïevski ;) )