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  • : Les livres de Sara
  • : De la lecture, du second degré, et parfois de la littérature !
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J'en suis...

 

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 22:00

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcStgg1-3e1VgmwoyKX4KlXaF-UH4DWQGfbHaSayr37bOTRMjUcPoQJ'avais lu La liste de mes envies du même auteur qui m'avait donné envie de me taper Johnny Hallyday avec Les Walkiries en fond sonore tellement j'avais trouvé ça à chier mauvais. Mais je ne suis pas du genre à renoncer, d'autant que les avis sur ce premier roman étaient unanimes... 


Un peu d'histoire...

C'est l'histoire d'un mec MDR, Edouard, qui a raté sa vie. Enfin jusqu'ici. À l'âge de 7 ans, il écrit des vers et devient "l'écrivain de la famille". On crie au génie, on s'émeut, on se projette et soudain le drame arrive : Édouard redouble, patouille et suit une psychothérapie. Les médocs et autres valiums auront raison de son écriture. L'inspiration le quitte. C'est le point de départ de ce récit - ou plutot autofiction- qui nous raconte ensuite la mère, le père, un couple sur la voie du déclin. Et il y a la soeur un peu naive, et le petit frère dont on tardera à se rendre compte qu'il est attardé. Edouard arrive à l'université et l'envie lui reprend d'écrire : il entame un roman qu'il propose à différentes maisons d'édition. Seul Grasset l'encourage à poursuivre. C'est alors que la rencontre avec Monique va tout changer et pas seulement ses rideaux. La jeune fille s'installe dans son minuscule appartement, change la déco, bouleverse ses rêves. Edouard se marie bientôt sans l'avoir décidé. Déjà sa vie n'est plus à lui. Alors, parce qu'il faut bien vivre, il devient une pute publicitaire, réussit avec une campagne de pub, puis une autre... Il s'éloigne de sa femme et pas seulement géographiquement: Édouard part en Belgique, Monique reste à Paris pour devenir comédienne. C'est au moment où Edouard n'a plus rien à dire à sa femme qu'elle lui annonce qu'elle est enceinte. Le couple s'installe ensemble, prospère....Mais sont-ils vraiment heureux ?  

 

Un peu d'avis...

Si vous n'avez pas envie d'ingurgiter votre reste de Destop à la lecture du résumé ci-dessus, c'est que vous êtes prêts à lire ce récit. Soyons honnêtes, il y a des choses que j'ai aimé dans ce roman, notamment la délicieuse peinture d'une génération: Delacourt nous plonge en effet dans les années 70 jusqu'aux années 90 avec qui ? brio. Film, musique, mode, tout y passe et à ce niveau-là c'est plutôt réussi, on s'y croirait. La famille du narrateur est joliment dépeinte et les premières pages sont vraiment agréables. Les relations fraternelles sont elles aussi assez bien rendues et il n'est pas rare de se retrouver aux détours de quelques situations. Mais ne vous y trompez pas, l'ironie fait souvent mouche dans ce récit tour à tour drôle de cruel. Delacourt ne se contente pas d'une description familiale type "Petitemaisondanslaprairie" et c'est tant mieux.

Pour le reste du récit, les sentiments du lecteur évoluent rapidement. Edouart est en effet un plat de nouille pauvre type incapable d'une décision courageuse qui cherche souvent un sens à sa vie au fond de son slip comme beaucoup d'homme me direz-vous. Cet anti-héros est absolument infâme car sans aucune personnalité qui, parce qu'il ne sait pas ce u'il désire vraiment, accuse les autres de toutes ses faiblesses et diverses erreurs quand il n'attend tout simplement pas que les choses se fassent pour lui...et donc sans lui. Monique, sa femme, en prend pour son grade, l'auteur ayant une certaine propension à déverser sur elle un torrent de haine et de fiel au fil des pages.

 Tout cela ne serait pas gênant sans le défaut majeur du roman. En effet, Delacourt a du talent pour vendre des livres car il sait pertinemment ce qui "fonctionne". Le genre "histoire de famille matinée d'évènements tragiques mais aussi de moments heureux" se vend en ce moment aussi bien que les prothèses mammaires au Brésil. Pour peu que vous rajoutiez "autofiction" quelque part et là c'est l'orgasme illico chez le lecteur de base qui filera direct en caisse avec l'impression déléctable d'acheter un morceau de quelqu'un. Triste mais vrai. Mais voilà, ce talent pour fabriquer des livres est bien le seul de Delacourt. Niveau style, l'écrivaillon se situe quelque part entre Pascal Obispo et  Guillaume Musso. Certains dialogues sont tellement mauvais que ceux de Stephenie Meyer dans Twilight sonnent comme du Flaubert. Cela dit, si vous n'avez rien contre un style plat et sans intérêt, alors jetez-vous sur ce roman : c'est complètement innofensif.  

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commentaires

Sabine 16/12/2013 03:51


Je partage ta vision du héros tête à claques. J'ai vraiment aimé le traitement du contexte aussi.... le style ne m'a pas gêné.

Cess 02/09/2013 12:04


Pas d'orgasmes en prévision, pour la lectrice que je suis. Je passe mon tour. De toutes façons je ne comptais pas le lire... mais là... :) 

Sara 05/09/2013 18:57



Non, je pense qu'il faut t'épargner cela....



Sophie Hérisson 15/08/2013 23:57


JJ'ai le même retour (en moins drôle il faut bien l'avouer) d'une collègue bibliothécaire... Je passe mon chemin et c'est bien pour ça que c'est toujours un plaisir de passer ici, pas
d'augmentation incensée de la PAL :)

Sara 18/08/2013 17:35



Oui passe ton chemin car vraiment il n'y a rien à tirer de cette lecture insipide.  



Syl. 15/08/2013 10:30


Je ne connais pas cet auteur et ne suis pas attirée par l'histoire que tu nous contes. Donc, je passe !

Sara 18/08/2013 17:35



Tu fais bien !! Ce n'est pas une lecture très épanouissante...



Yaneck Chareyre 15/08/2013 10:05


Chouette article, merci Sara de revenir ^^

Sara 18/08/2013 17:33