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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 07:59

Unknown-copie-4.jpegJe poursuis ma découverte de Chabouté avec cet album assez différent des deux précédents. Il s'avère que ma découverte de cet auteur commence  -attention jeu de mot débile- à sentir le roussi... 

 

Un peu d'histoire...

Henri Désiré Landru est un médiocre dans toute sa splendeur :il vit de petites escroqueries pour subvernir aux besoins de sa femme et de ses quatre enfants chez qui il revient peu. Un jour, il rencontre une jeune femme, Hélène, qui comprend le potentiel du jeune homme. Elle le piège avec l'aide de son fiance, défiguré par la guerre. Cette "gueule cassée" est prête à tout pour obtenir réparation de ces années passées au front à perdre -au-delà de son visage- ce qui faisait d'elle un être humain. L'homme en veut particulièrement à Landru qui a eu une vie paisible pendant que lui affrontait l'horreur. Il est vrai que Landru a bien profité de cette période, vivant entouré de jeunes femmes, ces "délaissées" de la guerre. Tous les trois vont établir un plan machiavélique afin d'obtenir de l'argent... Mais dans cette histoire, Landru est-il complice ou victime ?

 

Un peu d'avis....

La réhabilitation de Landru est donc le sujet de cette BD et ça commence dès le titre : Henri Désiré Landru. On apprend ainsi que le premier tueur en séries français a une identité complète, et qu'il est -sûrement aussi- un être humain. L'auteur veut ainsi montrer comment cet homme a pu être la victime d'une succession de pièges: d'abord celui tendu par Hélène et son compagnon, puis ensuite, celui tendu par la justice et les politiques. Cette hypothèse - loin d'être inintéressante- m'a semblé un peu tirée par les cheveux. Comme pour les précédents albums de l'auteur, j'ai eu du mal à y croire. Aussi, il y a toujours ce même point qui me gène chez Chabouté: ses scénarios boiteux.

J'ai pourtant trouvé le personnage principal vraiment très réussi: Landru y apparait comme un faible, un lâche qui se plait à avoir de l'argent facile. Son côté séducteur - légendaire aujourd'hui- est très bien mis en avant et cela rend le personnage d'autant plus riche. On ne cesse de se demander comment ce médiocre - même pas beau- a-t-il pu séduire les femmes si facilement ? Mais il faut remettre les choses en contexte : les femmes étaient seules depuis très longtemps....Certaines sont d'ailleurs particulièrement en manque, ce qui donne lieu à des scènes touchantes où Landru est littéralement effrayé par leurs avances. Chaboute---Henri-Desire-Landru-planche-84.jpgEt Chabouté n'omet pas d'évoquer le personnage de Fernande, compagne fidèle jusqu'à ses derniers jours. 

Les autres personnages, en revanche, paraissent bien caricaturaux. Hélène et son soldat, avec leur soif de revanche, m'ont paru sortir d'un mauvais téléfilm. Ces personnages manquent cruellement de finesse, à l'instar de leur physionomie. Chabouté n'excelle pas dans l'art de faire vivre ses protagonistes: le trait me semble toujours forcé, presque caricatural. C'est d'ailleurs le cas des femmes, dont aucune - pas même Fernande- n'a trouvé grâce à mes yeux. De toutes façons, mises à part cette dernière, les femmes ont un role franchement atroce : il n'y a qu'à voir les femmes séduites par Landru pour s'en convaincre. Elles sont toutes laides et stupides à leur manière: on a ainsi l'obsédée, l'égocentrique, l'acariâtre.... Ne vous inquiétez pas, tous les clichés y passent !

Chabouté est plus à l'aise, il me semble, en peignant -dans tous les sens du terme -les hommes. Ainsi, le monde qu'il peint dans Henri Désiré Landru est celui des hommes, rustres, puissants, virils, animés par la haine et la rancoeur. On retrouve ici des thèmes assez proches de ceux de Terre Neuvas. Cette force se retrouve dans les premières pages de la BD lorsque l'auteur évoque la guerre et ce sont sans doute les planches les plus réussies : on y sent toute l'horreur de cette humanité qui bascule sous l'effet de la guerre. Une vraie réussite. J'ai regretté de sortir de cette guerre et ses pions dévastés car finalement c'est ce que j'ai préféré. Je crois que je vais découvrir Tout seul, puis passez mon chemin sur cet auteur qui décidément, ne m'emballe guère...

 

La Logo BD du mercredi de Mango 1 c'est chez Mango.

Je suis en challenge chez Mo'la fée : 11/24 logo BD de Mo palseches-copie-2


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Published by Sara
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commentaires

Stephie 07/04/2011 06:41



Bon, pas très engageant tout ça...



Sara 16/04/2011 18:22



Non, je crois que Chabouté n'est pas fait pour moi, en fait. 



jerome 06/04/2011 22:03



Un des rares Chabouté que je n'ai pas lu et que je ne lirais sans doute jamais tant la sujet ne me tente pas.



Sara 16/04/2011 18:21



Le sujet est particulier et, de plus, la BD vieillit mal (j'entends par là que plus le temps passe, plus elle me laisse un mauvais souvenir).  



Yaneck Chareyre 06/04/2011 21:53



Moi ce qui m'a le plus déplu, dans ce scénario, c'est cette volonté assez mystérieuse de faire de Landru une victime. Je ne sais si des thèses sérieuses pointent en ce sens, mais si ce n'est pas
le cas, je ne trouve pas ça respectueux de ses victimes. Pour l'instant, dans ma découverte de Chabouté, c'est mon seul bémol.



Manu 06/04/2011 20:28



Je passe, je n'aime pas du tout le parti pris par Chabouté !



Sara 07/04/2011 10:02



La démarche de Chabouté est très discutable... J'essaie -autant que possible- de ne pas avoir de parti-pris "moraliste" dans mes billets. Mais pour être honnête, si j'avais su de quoi parlait la
BD avant, je ne l'aurais sûrement pas lue. D'autant que depuis ma première lecture de Chabouté, je trouve qu'il ne rend pas hommage (doux euphémisme) aux femmes dans ses BD... 



yoshi73 06/04/2011 18:48



Un Chabouté que je vais éviter de lire alors. ça tombe bien car le sujet ne me disait pas grand chose!



Sara 07/04/2011 09:59



Le sujet est effectivement très particulier, la démarche très discutable...Je suis vraiment très déçue.