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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 22:00

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Inspiré d'un fait réel, Equus est une pièce de Peter Shaffer, dramaturge connu pour son Amadeus qui inspira si bien Forman. Créée en 1973, Equus connaît toujours un franc succès, et ce partout dans le monde. Le théâtre de Marigny la proposait pas plus tard que l’année dernière.

 

Un peu d’histoire…

Une nuit, Alan Strang, un jeune homme de dix-sept ans, a crevé les yeux de six chevaux sur un manège. Interné dans un hôpital psychiatrique, Alan est pris en charge par le docteur Dysart. Commencent alors des entretiens inquiétants entre le docteur et son jeune patient. Cherchant à percer le mystère de cet adolescent capable du pire, Dysart découvre un garçon étonnamment seul, élevé entre un père autoritaire et athée, et une mère bienveillante et croyante. Un mélange détonnant.Alan, d'abord peu coopératif, va peu à peu se livrer à cet homme qui manie si bien les techniques psychanalytiques.

Le pièce est basée sur une construction savamment orchestrée entre rencontres entre le médecin et son patient et retours dans le passé. Alan va ainsi raconter -enfin plutôt montrer- comment sa mère l'a très tôt initié à la religion, au grand mécontentement de son père. Un jour, alors qu'il est encore enfant, il rencontre sur une plage un cavalier et sa monture. Dès lors, seuls les chevaux vont compter dans sa vie...Engagé sur un manège, le jeune homme se distingue par la servitude avec laquelle il nettoie les écuries, et surtout par son obstination à ne pas monter. Bientôt, une jeune fille, Jill, qui travaille avec lui, le remarque. A la fois naive et séductrice, elle tente de mieux le connaitre...et déclenche la terrible machine qui aboutira au drame.

 

acdgequusaffiche.jpgUn peu d'avis...

Equus est une pièce qui repose sur un flot de tensions: chaque personnage entretient l'un avec l'autre des relations conflictuelles...D'ailleurs ce n'est sans doute pas un hasard si la scène ressemble à un ring où l'on se bat contre soi-même et contre les autres. Cette absence de relation sereine explique sans doute pourquoi Alan préfère les chevaux aux humains. Les couples, les familles, les collègues se déchirent -et se taisent-laissant une place toujours plus grande au mépris, au malentendu, voire à la haine. Drame de la solitude, Equus nous montre une société désabusée, despiritualisée où Alan incarne le primitif, le solitaire, l'incompris...Pour combler cette solitude omniprésente, il se trouve un Dieu - Equus-  auquel il se livre tout entier...         

Issu d'un monde d'avant les règles, d'avant les commandements et les lois, Alan agit comme un élément perturbateur dans son entourage, renvoyant chacun à sa propre faiblesse, à sa propre peur ; cette peur de soi, du monde, du sexe est assurément centrale dans la pièce... Pour vaincre cette peur, le docteur Dysart n'a qu'une seule solution: rendre les gens "normaux" afin qu'ils n'aient plus peur d'être eux-mêmes. Son objectif est de fabriquer à Alan "des couilles en caoutchouc synthétique" qui lui permettront de ne plus avoir "la tentation de la chair défendue"...Pour autant, Dysart sait pertinemment qu'Alan n'y mettra "jamais beaucoup d'appétit" (second acte, scène 35). Cette pièce est donc moins le procès d'Alan que celui de la psychanalyse dont le seul but, selon Shaffer, est de nous ôter toute personnalité propre. Aussi le traitement n'a pas pour but de régler nos problèmes mais ceux de la société....En perçant le mystère d'Alan, de sa relation avec les autres et avec les chevaux, c'est aussi sur sa propre personnalité -et sexualité- que le docteur va être amené à s'interroger.

Aussi personne n'est épargné dans cette pièce: ni les hommes...ni les bêtes non plus d'ailleurs. La figure d'Equus, présente sur scène sous la forme d'un choeur composé de chevaux, est réellement impressionnante, voire effrayante. Les fantasmes glauques d'Alan -rapportés de manière profondément humaine par Shaffer- sentent le souffre... Ainsi, la première rencontre d'Alan avec un cheval est l'une des scènes plus osées que le lecteur puisse lire, et qu'un spectateur puisse voir... Car le sexe est partout dans Equus mais il y est  rêvé, dominé, avorté, jamais épanoui et ce sera le déclencheur du drame. Voilà une pièce à la fois humaine, sensible et dense qui ne laissera pas le lecteur (et encore moins le spectateur) indifférent. Car l'autre point fort de la pièce est que grâce à elle, on a pu voir sur la toile des photos de Daniel Radcliffe -interprète d'Alan Strang- nu...


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commentaires

Noukette 10/10/2010 23:02



Je savais bien que cette pièce me disait quelque chose ! En tous cas ça ne doit laisser personne indifférent, quelle gifle ce doit être de voir ça !



Sara 11/10/2010 22:45



Et oui, elle a fait un tabac il y a quelques mois outre-atlantique et en France...En même temps, voir Harry Potter nu, c'était aussi juste...intéressant. Blague à part, cette pièce est une vraie
tuerie.   



irrégulière 08/10/2010 13:33



Je note dans un coin de ma cervelle, mais plutôt à voir qu'à lire !



Sara 09/10/2010 11:53



Oui, je pense que c'est une pièce à voir plutôt qu'à lire.