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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 08:19

danbe.gifPour la "semaine Marie Desplechin" organisée par Stéphie, je vous propose mon avis sur Danbé écrit à quatre mains : Marie Desplechin et Aya Cissoko.

63192518 p 

Un peu d'histoire...

Le roman, autobiographique, retrace la vie d'Aya, une jeune fille issue de l'immigration malienne qui va devenir une grande championne de boxe. Au milieu des années 70, son père est venu en France pour fuir la misère. Mais une fois arrivé, il comprend qu'elle va être longue et difficile l'adaptation à la vie française, d'autant qu'il peine à garder un travail  La mère, Massiré, venue le rejoindre un peu plus tard, lui donne quatre enfants et c'est elle qui doit porter la famille à bout de bras. C'est d'autant plus difficile pour elle qu'elle souffre d'une insuffisance rénale et est donc souvent faible. Pour autant, la vie se déroule paisiblement car les parents d'Aya sont bienveillants et leurs enfants trouvent -non sans mal toutefois- d'autres jeunes enfants avec qui partager leurs jeux. Un soir, pourtant, un terrible incendie ravage l'immeuble dans lequel vit la famille d'Aya et ce n'est que le début d'une série longue de tragédies...

  

Un peu d'avis...

Dire que je n'ai pas aimé ce récit serait mentir ; mais dire que je l'ai aimé, aussi. La faute à la manière dont est traité le sujet - pas inintéressant au demeurant- à savoir de façon très démonstrative. Marie Desplechin et Aya Cissoko entendent en effet nous montrer que l'on peut être immigrée -avec tout ce que ça comporte comme difficultés- et réussir. Personnellement, je trouve ce propos un peu simpliste, d'autant que si cette famille affronte l'enfer, les auteurs cherchent à chaque fois à trouver un coupable et c'est toujours le même qui revient: le racisme. S'il joue sans aucun doute un rôle dans ces diverses tragédies, on peut se demander tout de même si ce n'est pas la fatalité qui l'emporte sur le reste.   

Pour autant, Aya ne se positionne jamais en victime et c'est bien là la force -mais aussi la faiblesse- du récit. En effet les auteurs ont un projet: montrer aux lecteurs comment on peut devenir une championne quand on est issu de quartiers défavorisés. Louable intention, sauf qu'on frôle, selon moi, le "récit à thèse". Evidemment, Aya Cissoko est une vraie battante, au sens propre comme au sens figuré.  Et pourtant son histoire m'a laissée froide car elle se veut exemplaire, ce qui personnellement a le don de m'agacer. Le lecteur n'a aucune marche de manoeuvre, aucune liberté dans ce récit : on lui démontre, il doit adhérer. Ainsi, je suis restée témoin d'un récit prônant la tolérance... mais qui semble ne pas tolérer son propre lecteur.   

La deuxième partie du récit m'a définitivement perdue : l'enchainement des entrainements, des victoires et des défaites manquent d'émotion, de rythme, de souffle !  L'écriture joue ainsi un rôle majeur dans cette rencontre manquée: simple -pour ne pas dire pauvre- elle comporte un certain nombre de tournures un peu faciles, et surtout un peu lassantes (phrases nominales ou commençant par des propositions subordonnées par exemple). Evidemment, cette écriture est efficace mais elle est loin d'être exceptionnelle. Cela dit, pour juger du talent (ou pas) de Marie Desplechin, je pense qu'il faudrait que je lise d'autres écrits. Pour autant, je suis certaine que j'aurais davantage été emportée par ce récit s'il avait été porté par une plus jolie plume.   

 Vous pouvez lire les avis de Stephie, de Herisson, de Noukette, de Constance, de Chiffonnette, de Leil. et de Livrogne. 

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commentaires

Isa 22/05/2011 20:41



Je suis restée "scotchée" par la mère d'Aya. Pour moi c'est vraiment elle, le pilier de cette histoire.



Sara 23/05/2011 22:32



C'est vrai que c'est un personnage important dans l'histoire: c'est le vrai pivot de la famille.  



Hazel 04/05/2011 00:45



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Leiloona 27/04/2011 15:27



Je te rejoins entièrement au sujet de la 2ème partie : je suis moi aussi restée en dehors de ce récit dès le début de la boxe. 



Sara 28/04/2011 09:49



Oui, c'est là où j'ai vraiment décroché. Dommage ! Mais je vais commencer "Verte" du même auteur et je ne pense pas que je serai déçue. Enfin j'espère !



krol 26/04/2011 20:22



Voilà un billet parfaitement argumenté et que je comprends bien, même si je n'ai pas lu ce lire, parce que je connais un peu l'écriture de Marie Desplechin (en littérature jeunesse et ado). Bravo
pour ce billet, parce qu'il n'est pas toujours facile d'expliquer clairement pourquoi un livre ne nous a pas touchés.



Sara 28/04/2011 09:46



Merci krol. C'est vrai que ce n'est pas toujours facile d'expliquer ce qui déplait dans un livre. je m'efforce d'être
la plus précise possible mais ce n'est pas toujours évident. 



noann 24/04/2011 21:58



Merci pour le lien permanent, cela dit, je viens de le voir, tout à fait par hasard.


J'ajoute un lien chez moi aussi


 


Amitiés


 



Sara 25/04/2011 09:52



Mais de rien noann (en plus j'adore le nom de ton blog!). Merci à toi pour l'ajout