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  • : Les livres de Sara
  • : De la lecture, du second degré, et parfois de la littérature !
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J'en suis...

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 08:43

000958348Il y a longtemps que je voulais découvrir ce roaman de Dostoievki... Après avoir enchainé de nombreux mauvais romans, j'ai eu envie de lire un chef d'oeuvre.  


Un peu d'histoire...

Rodion Romanovitch Raskolnikov est un jeune étudiant d'une vingtaine d'années qui souffre du manque d'argent. Il a d'ailleurs été contraint d'abandonner ses études pour cette raison. Etabli dans une petite chambre d'un mauvais quartier de Saint-Petersbourg, il vit quasiment cloitré. Seuls quelques autres pensionnaires viennent parfois lui rendre visite dans sa chamnre pour le sortir de son marasme et le faire manger. Pendant ses longues journées, Rodia rumine ses déceptions, ses échecs. Parmi ses inquiétudes,  sa famille figure au premier plan: sa mère se prive pour lui envoyer de l'argent tandis que sa soeur va épouser un homme qu'elle n'aime pas par intérêt. 

Lorsqu'il vient pour vendre un bien à une vieille usurière, une idée commence à germer dans son esprit : pourquoi ne la tuerait-il pas ? Mais alors qu'il hésite, une conversation dans un restaurant au sujet de cette femme le convainc du bien fondé de son entreprise car cette femme, il en est certain, est nuisible à la société. Après tout, elle s'enrichit sur le dos des pauvres ! Aussi son meurtre sera avant tout un bien pour l'humanité.  C'est dans un profond délire qu'il s'insinue donc chez elle et lui fracasse le crâne à la hâche. Mais Rodia n'avait pas prévu que la soeur de cette femme, la douce Elisabeth, serait présente. Contraint de changer ses plans, le meurtre se transforme en double meurtre. Pour Rodia, commence alors un long et pénible châtiment : celui de la culpabilité...  

 

Un peu d'avis...

La principale difficulté de ce livre vient pour le lecteur est de comprendre quel personnage porte quel surnom. Une fois les choses posées, il peut se laisser embarquer dans ce roman exigeant et incroyable. Dans très peu de décors, les personnages se croisent, se parlent, se disputent, rentrent et sortent comme dans une pièce de théâtre. Parfois il est même difficile à suivre tellement les choses vont vite. Rodia, tel un fantoche, sort de sa chambre qu'il déteste, va en ville, parle avec des gens, revient chez lui pour finalement ressortir à nouveau en ville, etc. Cette circularité, qui symbolise l'enserrement du personnage, a de quoi rendre fou. Tout au long du roman, Rodia tente de canaliser cette culpabilité qui le ronge littéralement, au point d'occulter le meurtre. Le lecteur, immergé dans cet  esprit retors, se perd lui aussi dans cette valse d'hésitations, de doutes et de délires. Là est sans doute l'aspect le plus démoniaque du roman de Dostoievski...

Rodia, au fond, ne sait pas qui il est, ni pourquoi il agit. D'ailleurs, dans son histoire, il n'y a aucune évidence, aucune vérité. Souffre-t-il réellement du manque d'argent ? Pas sûr. Alors dans ce cas, pourquoi a-t-il quitté l'université ? Autant de questions sans réponse...La machine s'emballe, irreversible, propulsé par son entourage, Semion Zakharovitch Marmeladov en tête. La rencontre de Rodia avec cet homme est déterminante : avec lui, il découvre la laideur de la misère; une misère crasse qui tâche; une misère qui confine au Mal. Alcoolique, mauvais mari, homme râté, Zakharovitch emmène dans sa chute sa famille, sans en éprouver véritablement de scrupules. Et c'est surtout, sa fille, Sonia qui pâtit de cette situation catastrophique : pour nourrir sa famille, la jeune femme se prostitue. Par ce sacrifice, cette honte qui la poursuit jusqu'aux heures les plus sombres de la nuit, Sonia incarne le pendant inverse de Rodia. Ce sont des rencontres entre cette sainte bafouée et ce démon coupable que naissent les plus belles pages du roman.   

Esprit faible qui se croit fort, Rodia perd rapidement de vue son mobile: il ne s'agit pas d'argent, mais seulement d'orgueil. Il a commis ce meurtre afin de se prouver qu'il en était capable, afin d'appartenir à ce qu'il nomme la race des grands hommes, tel Napoléon. Mais rapidement, il est dépassé par le meurtre et se rend compte de son erreur : au fond, c'est un meurtre pour rien, un meurtre absurde. D'ailleurs s'il n'avait pas entendu la conversation des hommes au sujet de la vieille usurière, il n'est pas dit qu'il l'aurait commis. Dès lors, le lecteur attend sa confession que Dostoievski prend un malin plaisir à faire reculer sans cesse. En attendant l'acte libérateur, Rodia enchainent les erreurs qui entrainent à leur tour des catastrophes, des tragédies. Il n'y a donc pas un mais plusieurs crimes de Rodia dans ce roman; le premier crime ayant entrainé tous les autres...Rodia se retrouve donc le jouet d'une fatalité qu'il a lui-même provoquée. Un roman résolument pervers.  


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commentaires

Cess 12/03/2012 10:29


Pareil que Noukette... :)


Ceci dit, je ne suis pas tentée, ça a l'air trop compliqué et pervers pour moi.

Sara 14/03/2012 15:57



C'est très pervers mais c'est ça qui est bon ! 



Noukette 11/03/2012 16:40


Un classique que je n'ai toujours pas lu et j'avoue humblement que je ne connaissais même pas le sujet du roman, honte à moi ! Chouette article, je me sens moins bête du coup ! ;-))

Sara 14/03/2012 15:56



Merci à toi Noukette ! C'est un roman très riche mais aussi très dense.



erzie 11/03/2012 11:53


C'est dingue la vie, j'ai failli me l'acheter hier soir. Seulement, je souffre d'un grave toc : il y avait trois traductions différentes en rayon, j'ai lu chaque première page et aucune ne se
ressemblait. Ca m'a tellement troublée que j'ai finalement pris un livre sur Marilyn. Il faut que je me renseigne pour savoir quelle traduction est la plus "proche" du texte original, et je me
lancerai, enfin... parce que bon sang de Britney, ce livre me tente pire que tout !

Sara 14/03/2012 15:50



Je comprends qu'il te tente Erzie car c'est un roman génial ! Pour la traduction, je ne sais pas qu'elle est celle la plus proche du texte original. Dans l'ensemble, j'ai toutefois trouvé la
traduction GF de bonne qualité. 



Manu 11/03/2012 11:26


Je ne connaissais pas le sujet de ce roman. Je ne me sens pas prête après Anna Karenine à me lancer dans un autre russe d'envergure. Mais je ne dis pas que je n'essaierai pas un jour.