Dimanche 13 mai 2012
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Il y a deux raisons qui peuvent pousser un auteur à m'envoyer son livre : soit il est masochiste, soit il n'a jamais lu mon
blog...
Un peu d'histoire...
Directeur d'un théâtre niçois, Pascal Langle un vieux beau donc un moche
quoi..., est contacté par un notaire qui a un cahier, écrit par Ludmilla, sa compagne disparue il y a dix ans, à lui remettre. Lors de cette visite inattendue, il apprend dans la
foulée l'existence de onze cahiers destinés à onze destinataires différents Et oui Pascal Marmet sait compter. Magré ses efforts, le notaire ne
lui en dira pas plus, secret professionnel oblige.
Parmi eux, la pétillante Joanna qui, contrairement à Pascal, ne connait pas Ludmilla. Fille de la DASS, elle était
quasi SDF avant de rencontrer une fille à papa qui a accepté de l'héberger. Désormais, Joanna est bien décidée à réaliser son rêve: franchir les portes du célèbre magazine L afin
d'y devenir pigiste. Grâce à son culot, Joanna, sans CV, sans références, sans expérience de toute façon sans aucun sens du réalisme
donc parvient à décrocher le sésame.
De son côté Pascal Langle doit affronter une série de cambriolages : sa maison, celle de ses parents pourquoi ? vous ne le saurez jamais, et le cabinet du notaire où visiblement, les fameux cahiers de Ludmilla ont disparu. C'est alors qu'il rencontre
Joanna qui se fait passer pour une autre...Son but ? En savoir plus sur cette fameuse Ludmilla. Dès le début, Langle est troublé par cette jeune femme qui lui rappelle tant Ludmilla...
Un peu d'avis...
Pascal Marmet aurait pu écrire un livre sympathique car l'idée de départ était alléchante : l'apparition des cahiers de
Ludmilla, le personnage pétillant de Joanna qui offrait un contrepoint à celui de Langle, le suspense autour des cambriolages...Et puis rapidement, on se dit que l'on a affaire à un roman écrit
entre deux portes où rien n'a été pensé. En effet, la première partie du récit prend son temps et c'est tant mieux. On assiste à la découverte des deux personages principaux qui sont bien posés,
bien décrits. Si Marmet ne s'encombre pas de réalisme - on pense à l'entretien chez L-, il n'est pas dénué d'humour, ce qui sauve grandement certaines scènes. Mais alors qu'on
croyait comprendre ce qui se passe, on assiste à un revirement de situation, puis deux, puis trois...puis c'est trop tard, Marmet a perdu son lecteur mort de rire dans ce foutrac d'explications imbéciles improbables.
Ainsi, on bascule en dix pages et sans que
cela pose le moindre problème à personne et surtout pas à l'auteur dans une histoire de manipulations génétiques, avec à la clé un savant à
moitié fou et sa fille qui, elle, l'est totalement mais qui va recevoir l'aide d'un ancien soldat irakien. Ah ben ça va alors... Les
personnages principaux de la première partie disparaissent pour laisser la place à d'autres qui sont vraiment hyper caricaturaux. Et là,
clairement il n'y a pas de plan, pas de recherches, pas de réflexion. Pourtant des thèmes ubuesques complexes y sont abordés : manipulation génétique, maladie psychiatrique, et même la guerre mais rien mais vraiment rien du tout n'est véritablement expliqué. Pascal Marmet fait partie de ces auteurs sic
qui écrivent mais ne pensent pas. Pas de bol pour le lecteur.
Il y a deux manières d'aborder des thèmes qui nous sont inconnus en littérature : soit on fait des recherches comme Zola donc, soit on évite d'en parler carrément parce qu'on sait qu'on va droit dans le mur. Or Marmet s'est clairement pris le mur en pleine face. Au
final, A la folie est tout ce qu'on veut, sauf de la littérature. Je ne préfère même pas parler du style qui, s'il est plutôt efficace au début, ce qui convient au genre, devient
inexistant dans la deuxième partie. Là encore, c'est vraiment dommage car les premières pages sont plutôt convaincantes.
Evidemment on a beaucoup vu ce livre sur
la blogosphère car l'auteur l'a envoyé à beaucoup de blogueurs. J'en profite pour le remercier et lui transmettre
mes encouragements pour l'avenir. Marmet peut être de toute façon rassuré sur un point : son prochain livre ne pourra pas être pire. Là où je suis septique, en revanche, c'est devant le nombre de critiques positives qui fleurissent sur la blogosphère au sujet de ce
roman. Je peux évidemment comprendre qu'on puisse aimer un roman malgré ses défauts. Mais quand même, il me semble que A la folie en cumule quand même un certain nombre. A cela deux
explications possibles :
- soit les blogueurs mentent quand ils reçoivent
des livres gratuits.
- soit les blogueurs ne connaissent rien à la littérature.
A votre avis, quelle est l'hypothèse la plus probable ?