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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 06:56

Jeudi-citation

Je continue toujours l'aventure initiée par Chiffonnette en vous invitant à découvrir aujourd'hui quelques lignes de mon livre culte : Si le grain ne meurt d'André Gide. Je dois tout à ce livre : le sentiment de réconfort que souhaite tout adolescent, la plus belle de mes années à l'université et même, sans doute, l'obtention de mon CAPES. André Gide y raconte dans la première partie ses jeunes années, tandis que dans la seconde il s'intéresse à la découverte de son homosexualité. Le passage le plus émouvant de cette autobiographie est sans doute celui où sa cousine, la très pure Emmanuelle, découvre que sa mère a un amant... Gide, alors adolescent, arrive chez sa cousine peu après l'horrible découverte et surprend cette dernière agenouillée dans sa chambre... 

je sentais que dans ce petit être que déjà je chérissais, habitait une grande, une intolérable détresse, un chagrin tel que je n'aurais pas trop de tout mon amour, toute ma vie pour l'en guérir. Que dirais-je de plus ? J'avais erré jusqu'à ce jour à l'aventure; je découvrais soudain un nouvel orient à ma vie. En apparence, il n'y eût rien de  changé. Je vais reprendre comme devant le récit des menus évènements qui m'occupèrent; il n'y eut de changé que ceci: qu'ils ne m'occupaient plus tout entier. Je cachais au plus profond de mon coeur le secret de ma destinée. Eût-elle été moins contredite et traversée, je n'écrirais pas ces mémoires.     

Par Sara - Publié dans : La citation du jeudi - Communauté : Membres de Livraddict
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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 21:04

suites imperiales

Dans les questions que je me suis posées cette semaine, il y a en vrac: une retardée mentale peut-elle planifier un crime ? (si la réponse est oui, je peux avoir peur de mes 6e) Doit-on vraiment travailler plus longtemps pour gagner rien ? Les otages enlevés en Afrique sont-ils vivants ? Les puissants décident-ils vraiment lors du G 8 quelle population doit vivre et quelle autre doit crever ? Vais-je réussir à m'inscrire à l'université un jour ? Le constat n'est guère brillant, ma santé mentale non plus... Mais attention cette semaine, je délaisse mes envies de gaz pour adopter une forme de dépression plus glamour -inventée par les stars hollywoodiennes elles-mêmes- qui consiste à vouloir se teindre en blonde, engloutir des caisses de champagne et parler de livres à la mode. Pour ce dernier point, je remercie  Blog-O-Book, ainsi que les éditions Robert Laffont grâce à qui c'est possible: je vais pouvoir parler du dernier BEE qui est selon moi la sortie la plus excitante de cette rentrée littéraire. 

 

Un peu d'histoire...

Le temps a passé depuis que Clay, héros du premier roman de BEE, Moins que zero, jouait les observateurs d'une Los Angeles en pleines déliquescence. Notre héros n'a pas beaucoup aimé ce roman d'ailleurs, qui collait peu à la réalité, et encore moins son adaptation cinématographique (Neige sur Beverly Hills en français qui ne vaut que pour la prestation du jeune Robert Downey Jr). C'est par ce constat amer que commence Suite(s) Impériale(s)...Désormais, Clay, devenu scénariste, vit à New-York mais il revient à LA pour un nouveau projet de film. Il y retrouve ses anciens acolytes: Blair, mariée à Trent, Julian, toujours glauque, et Rip, inquiétant à souhait. Et comme si la vie n'était pas assez compliquée, Clay rencontre la troublante Rain Turner au cours d'un casting. Bien que trop vieille pour le film, il lui fait miroiter un rôle et n'hésite pas à utiliser les points faibles de la jeune fille pour parvenir à ses fins...Clay n'est en effet plus l'observateur passif/tendance victime/un peu dépressif; il est devenu actif/tendance bourreau/un peu alcoolique...Clay et Rain mènent la grande vie pendant quelques jours et là exit le valium, la cocaine et les snuff movie de Moins que zero; bonjour le xanax, le champagne, et le hard-porn... Pourtant, Clay ne va pas tarder à déchanter quand il se croit suivi... Mais par qui ? Bientôt la vie de Clay va tourner au véritable cauchemar...

 

Un peu d'avis...

Ce n'est pas peu dire que de dire que l'on retrouve Clay en meilleure forme que dans Moins que zero. Il a fui l'univers aseptisé de L.A pour New-York... mais il constate que rien ne se passe là-bas. Aussi, quand il revient à L.A, son envie de voir les choses bouger est pressante. Car Clay s'ennuie toujours autant et ce néant qui l'habite est autant palpable -si ce n'est plus- que dans Moins que zero. BEE a d'ailleurs choisi de nous raconter une fois de plus la vie de son "héros" (sic) sous la forme de fragments. La question est de savoir si Clay a désormais la possibilité de lutter contre ce vide...

Et le lecteur ne tarde pas à avoir la réponse: dans Moins que zero, Clay était aspiré par ce vide, dans Suite(s) impériale(s), c'est lui qui le créé. Clay, pur produit d'une société aliénée, aspire dans sa toile, ou plutôt son trou noir, tous les désespérés qu'il croise. Cet homme ne semble avoir pas conscience de la réalité des autres, et même au coeur de l'Enfer, il reste stoique. Sa curiosité avide l'emporte sur le reste: il se moque de ce qui peut arriver, tout ce qu'il veut, c'est y assister. Aussi, il est devenu très dangereux, peut-être autant que son congènère, le "psycho" Patrick Bateman. Car Clay a désormais le premier rôle dans ce qui peut se résumer comme étant un massacre de l'humanité... Devenu arme de destruction massive, il broie tout sur son passage: rien ni personne ne lui résiste.

Pour autant - et c'est la subtilité de BEE- Clay n'apparait jamais comme quelqu'un d'entièrement mauvais. Ses éclairs de lucidité -si intenses dans Moins que zero- sont toujours présents, bien que beaucoup plus fugaces. On notera cependant un excipit très réussi, à la fois émouvant et terriblement lucide, qui ne laissera aucun lecteur indifférent. Clay est-il finalement le bourreau ou la victime ? Ce qui est sûr, c'est que Clay souffre de ce vide intérieur qui a aspiré tout élan de joie, toute émotion, toute sérénité en lui. Et on peut se demander comment il est possible de vivre lorsque l'on a perdu tout ce qui faisait de nous un être humain...

 Le regard que porte BEE sur notre époque est encore plus noir que celui qu'il portait sur les années 80. Le constat est sans appel: nous vivons dans une société où l'humain a disparu, où les "tu me plais" ont remplacé les "je t'aime", où les rires n'ont plus d'écho, où les larmes sèchent d'elles-mêmes car il n'y a personne pour les essuyer. Nous sommes inconditionnellement et irrévocablement seuls. Et si Clay incarne l'individualisme porté à son paroxysme, ses amis ne sont pas en reste non plus.  La nouvelle recrue -Rain Turner- est la quintessence des fausses valeurs prônées par notre société: l'argent, l'apparence et le xanax. Elle est probablement l'un des plus beaux monstres créés par BEE car n'ayant rien à perdre, elle n'hésite pas à tout faire pour gagner.

Lorsque l'on referme ce livre -que je trouve véritablement réussi- on ne peut s'empêcher d'espérer que la société dépeinte par BEE n'est pas la nôtre. Mais malheureusement, on ne tarde pas à se rendre compte que tout cela est bien réel: Moins que zero décrivait le désespoir, Suite(s) impériale(s) nous montre l'horreur. Ma santé mentale n'est pas prête de s'arranger... 

 

Par Sara - Publié dans : Les contemporains - Communauté : Membres de Livraddict
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 09:51

Jeudi-citation

 

Toujours sur l'impulsion de Chiffonnette, je vous présente en cette journée de grève un extrait de la pièce d'Arthur Miller, Mort d'un commis voyageur, écrite en 1949. Willy Loman, âgé d'une soixantaine d'années, est commis voyageur et il est vraiment très fatigué. Il doit de plus affronter des changements auxquels il n'était pas préparé, le monde desaffaires étant devenu impersonnel et impitoyable. Or Willy s'inquiète car il ne parvient pas à vendre aussi bien qu'auparavant... Dans  le deuxième acte de la pièce, Willy, au cours d'une réminiscence, se souvient d'une rencontre avec son patron, Howard. Il souhaitait que ce dernier lui trouve une place au siège de la société. Voyant qu'Howard n'est pas prêt d'accéder à sa demande, Willy lui parle de ce commis voyageur -Dave Singleman- qui lui avait donné envie de faire ce métier. A quatre-vingt-quatre ans, Dave était encore sur les routes... 

 

Commis voyageur, voilà la plus belle carrière qu'un homme puisse rêver, l'aventure le voyage les contacts l'amitié, et ce jusqu'à la fin de ses jours, que souhaiter de mieux ? Il était aimé Howard, aimé c'est fou ! Quand il est mort dans le wagon-bar du New York-New-Haven Hartford, ses pantoufles vertes aux pieds, son verre de bière à la main, oui, quand cet homme-là est mort de cette mort de commis voyageur, ç'a été colossal; des centaines de représentants, de placiers, de démarcheurs, d'acheteurs, de grossistes sont venus, et à son enterrement tous répétaient ses blagues, ses histoires, tous relataient ses exploits, ses plus gros réassorts à l'intersaison ! A l'époque la qualité humaine d'un homme, Howard, son caractère, son humour, sa gentillesse comptaient plus que la marchandise qu'il représentait! On se sentait unis, tous on faisait des affaires entre nous, oui, mais avant tout on se parlait, n s'aimait. Aujourd'hui c'est fini, tout est froid, dur, sec, l'amitié, la confiance, la solidarité, on ne veut plus en entendre parler, on en ricane même ! Quant à la personnalité humaine, on s'en fout, on crache dessus et on ne pense qu'à piétiner le copain, qu'à l'enfoncer plus bas que terre ! On ne me connait plus vous comprenez....  


Par Sara - Publié dans : La citation du jeudi - Communauté : Membres de Livraddict
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 18:33

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Voici le premier tome de Aya de Yopougon, une BD découverte chez Stéphie, chaudement recommandée aussi par Noukette. Je me suis plongée dans cette bande dessinée sans en attendre grand chose car le sujet ne m'emballait pas plus que ça. Et bien heureusement que j'ai écouté les copines...

 

Un peu d'histoire...

Cette BD nous raconte le quotidien de la jeune Aya dans la Côte d'Ivoire des années 70. Sage et studieuse, la jeune fille dénote parmi les habitants de son quartier populaire, Yopougon, où tous mènent une vie plutôt agitée. Contrairement à ses copines Bintou et Adjoua, Aya est une jeune fille sérieuse, et surtout ambitieuse : elle veut devenir médecin. Et pour cela, elle ne ménage pas ses efforts. Ses copines, elles, sont davantage attirées par les garçons, les sorties dans les maquis...bref, tout sauf l'école! Malgré tout, leur vie n'est pas si facile et ces jeunes filles vont devoir affronter la réalité, pas toujours très belle, rarement facile. L'adolescence, jalonnée de rencontres, d'amitiés, d'amours, est en effet aussi la période où les premiers choix se dessinent...Des choix qui vont se révéler cruciaux et déterminer le chemin que chacune d'entre elles souhaite prendre...

 

Un peu d'avis...  

Je ne sais que dire, à part que cette BD est magique, elle a le mérite de nous faire découvrir le visage d'une Afrique trop peu connue. Ici pas de misère -encore moins de misérabilisme- les personnages de Aya de Yopougon vivent simplement mais ne semblent pas à plaindre pour autant. En effet, les adolescentes y affrontent des problèmes de toute époque et de tout pays : la trahison, l'infidélité, l'incertitude quant à l'avenir...L'universalité des thèmes abordés et la finesse avec laquelle ils sont traités nous font même parfois oublier complètement l'Afrique ! Heureusement que quelques mots "ivoiriens"(sic) nous y ramènent rapidement pour notre plus grand plaisir. A cet égard, le lexique à la fin de la BD est une pure merveille ! Il fera sourire le lecteur, séduit par le charme et l'exotisme de cette langue qui claque.

La force de cette BD se trouve dans l'humour qui n'exclut pas pour autant la gravité. En effet, si  certaines situations sont vraiment à mourir de rire, d'autres sont émouvantes. L'auteure réussit à mêler les registres tout en douceur. Aussi, la part belle est faite à l'émotion, la tendresse sans pour autant tomber dans la mièvrerie propre à la littérature de jeunesse. Le secret pour éviter ce piège : l'intelligence et je peux vous dire que cette BD -tout comme ses personnages principaux- n'en manque pas. Les jeunes héroines possèdent une beauté à couper le souffle et un franc-parler à faire pâlir d'envie n'importe qui.

Les garçons, eux, ont bien du mal à exister auprès de ces filles au caractère bien trempé ! Car le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles savent ce qu'elles veulent et elles n'hésitent pas à braver leur famille, les préjugés, les interdits- en un mot, le monde entier !- pour l'obtenir. On ne peut s'empêcher de ressentir une sympathie mêlée d'admiration pour ces jeunes filles tour à tour effrontées, insouciantes et graves. Le tout - magnifiquement dessiné et mis en couleur- rend un bel hommage à cette Afrique des années 70. Alors, que demander de plus ? Le tome 2 peut-être...Il va falloir négocier avec Noukette je crois !

Par Sara - Publié dans : Bande dessinée et manga - Communauté : Membres de Livraddict
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Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 11:27

Cette année, j'ai décidé de participer à un baby challenge organisé par Livraddict : les classiques. Ce sera l'occasion de lire, et parfois de relire (beaucoup en fait...) certains classiques. Le but du "baby-challenge" est de lire le maximum de livres dans la sélection des vingt titres ci-dessous. J'ai malgré tout souligné en gras ceux que j'ai lus et que je n'ai pas l'intention de relire. 

 

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1 - Les raisins de la colère de John Steinbeck
2 - Orgueil et Préjugés de Jane Austen
3 - Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand
4 - Autant en emporte le vent, tome 1 de Margaret Mitchell
5 - Boule de Suif et autres nouvelles de Guy de Maupassant
6 - Jane Eyre de Charlotte Brontë
7 - Macbeth de William Shakespeare
8 - Huis clos suivi de Les Mouches de Jean-Paul Sartre
9 - Des souris et des hommes de John Steinbeck
10 - Les Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë
11 - Le joueur d'échecs de Stefan Zweig
12 - Les Liaisons Dangereuses de Pierre Choderlos De Laclos
13 - Nana de Emile Zola
14 - Peter Pan de James Matthew Barrie
15 - Roméo et Juliette de William Shakespeare
16 - Hamlet de William Shakespeare
17 - Oedipe roi de Sophocle
18 - Les Malheurs de Sophie de Comtesse de Ségur
19 - Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare
20 - Au bonheur des dames de Emile Zola

 

A la fin de l'année 2011, on nous attribuera des médailles : médailles d'or (20/20), d'argent (16/20), de bronze (12/20), de chocolat (8/20). Autant vous dire qu'en bonne prof que je suis, j'entame ce challenge avec beaucoup de sérieux...

Par Sara - Communauté : Membres de Livraddict
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