Suite et fin on peut rêver... du feuilleton "la blogo, ses blogueuses et son néant intersidéral" avec cette
semaine, un challenge organisé par une blogueuse dont nous tairons le nom par souci d'intégrité, de respect et de politesse. DoncAu
rendez-vous littérairedont je ne mets pas le lien car on touche vraiment le fond là organise chaque semaine desbattlesde blogs. Le principe est simple : n'importe quel blogueurdésespérépeut demander à participer à cesbattles.Chaque semaine quatre ou cinq blogs sont donc choisis par un logiciel pour s'affronter
au cours d'unebattle.Le gagnant est celui qui a obtenu le plus de votes de la
part des lecteurs d'Au rendez-vous littérairequi a manifestement trop regardéThe
Voice.
Voilà ma réaction quand j'ai appris que ces battles existaient et que des blogueurs demandaient outch ! à y participer:
1er effet kiss cool
2e effet kiss cool
3e effet kiss cool
Sous couvert de gentillesse, d'envie de faire découvrir des nouveaux blogs, de paillettes et de petits poneys rose bonbon,
cette blogueuse probablement agée de 13 ans et demi...ce qui fait que je lui pardonne un peu a probablement créé le jeu le plus ignoble de
toute la blogosphère. J'ai d'ailleurs suggéré dans ma grande
mansuétude en commentaire qui n'a jamais été publié...ahum... à cette blogueuse de créer un nouveau jeu : on déposerait des
blogueuses sur une ile et on les ferait s'entretuer. La gagnante serait celle qui aurait survécu. En prime, on pourrait mettre sur FB les photos des blogueuses décédées.
Suite à ce commentaire, la blogueuse bien
aguérrie au jeu de la blogo, est allée se plaindre que je n'étais qu'une super méchante. J'ai envie de dire : apprends-moi quelque chose que j'ignore... D'autant que c'était si facile de publier
mon commentaire et d'y répondre comme il se doit.
Visiblement la blogosphère a décidé de toujours repousser les limites de la connerie.
J'aime d'amour Dostoievki, auteur exigeant mais
passionnant aussi, a publié cette nouvelle, dans Le Journal de l'Ecrivain en 1876. Comme toujours, il cherche à percer à jour l'âme humaine avec une terrifiante acuité...
Un peu d'histoire
Fin du XIXe siècle, en Russie, un homme est au pieds du lit conjugual sur lequel git sa
femme suicidée... Il commence alors un long monologue qui vise à rassembler les souvenirs de sa vie conjugale afin de remonter aux prémisses de la lente dégradation de leurs
noces. Cet homme de 41 ans, prêteur sur gages, est un ancien militaire, exclu de
l'armée pour lacheté avérée. Il a depuis consacré son temps à faire fortune aux détriments des plus démunis. C'est dans cette antichambre de l'enfer qu'il a rencontré sa future femme, une
pauvresse de 16 ans. Touché par la jeune femme, il l’a épousée afin de la sortir de la pauvreté. Mais entre les époux, l'incompréhension domine dès le départ : lui, insensible à ses charmes ;
elle qui veut le séduire. Rejetée, elle se laisse séduire par un militaire de l'ancien régiment de son mari... De vexations en humiliations, le fossé entre les deux époux se creuse petit à petit,
toujours plus intense et plus profond jusqu'au drame final.
Un peu d'avis....
Dans un style toujours très sobre, Dostoievski livre un monologue âpre sur l'âme humaine.
L'homme essaye de comprendre l’échec de son couple, interroge une culpabilité à laquelle il a tant de mal à faire face. Ce court monologue questionne donc l’amour, la manière dont il est vécu, -très différemment- par les
deux personnages. D'ailleurs s'aiment-ils vraiment ? C'est tout l'enjeu du monologue... Au cours d'une dispute -finale- particulièrement terrible, on aura quelques réponses : il s'agit d'un amour
à la fois passionné, total mais aussi teinté de rancoeur, de sadisme, de haine. Elle, si jeune, voulait être aimée de manière absolue ; lui, si réservé, voulait une amitié prudente.
L'enjeu de la nouvelle se situe pourtant autre part que dans la description de cet amour.
C'est surtout l'âme humaine qui est au coeur du texte. Comme souvent chez Dostoievski, les personnages interpellent. Ici, on demeure dans l'interrogation jusqu'au bout : qui est cet homme ?
Est-il vraiment ce lâche, incapable de faire face ? Et surtout, pourquoi a-t-il épousé cette jeune femme? Et elle, qui est-elle ? Et pourquoi a-t-elle accepté ce mariage qui est davantage un
arrangement ? Rien n'est clair, tout est ambigu...
Car plus on avance, moins l'homme apparait être le médiocre qu'il semblait être au début.
Dépassé par tout ce qui relève de l'âme et du coeur, il devient un personnage sublime dans les dernières pages: il refuse de renoncer. Quant à sa femme, douce écervelée, elle prend une dimension supérieure par son suicide même. Acte de
renoncement, son geste est aussi révolte contre une société dans laquelle la femme est perpetuellement dénigrée. Son suicide est avant tout l'acte d'une femme qui ne veut pas renoncer à ce
qu'elle est, à sa vision de l'amour. A la fois magnifiques et stupides, les personnages restent un mystère, ce qui confine au tragique lorsqu'ils se rencontrent, se confrontent l'un à
l'autre pour finalement se détruire. Et c'est toujours du non-dit -et parfois de l'indicible- dans le couple que va naître l'horreur.
Pour sa cinquantième semaine, la bitch de la semaine est un membre de la communauté bloquesque: il s'agit de Nine
desLectures de Ninequi nous a gratifiés cette semaine de conseils hyper instructifs:
Nine est une blogueuse qui ne parle pas que de littérature sur son blog. En effet, on y trouve à boire et à manger différentes sections : cinéma, concours, cuisine, technogeek, voyages, des séries TV et même une section beauté. Manque plus que les sections produits ménagers" et "hygiène intime". Côté littérature, c'est essentiellement le désert intellectuel la littérature YA qui domine. On y trouve ainsi les derniers titres à la mode, ceux que l'on voit partout et qui font la joie des
maisons d'édition qui publient des grosses bouses pour dépouiller de leur argent abreuver
les lecteurs décérébrés.
Si vous avez une vie pas le temps, je vous propose un rapide résumé des
conseils donnés par Nine dans sa vidéo. Pour avoir des partenariats, il faut donc être attentif à :
* Avoir un blog depuis plusieurs mois.
Ma réponse : C'est clair que si tu blogues depuis trois jours et demi, il
est ridicule d'aller menacer la descendance de Gaston Gallimard d'attentats s'ils ne te filent pas un livre gratuit. Par contre, au bout de quatre à cinq mois, tu peux le faire.
*Avoir un rendement assidu et parler lecture plusieurs fois par mois.
Ma réponse : J'espère que les futurs diplomés, femmes enceintes, adolescents
en stade terminal de cancer ont bien compris : tu mets ta vie/ta mort entre parenthèses et tu files écrire un billet, non mais !
* Avoir 30 000 visiteurs par mois.
Ma réponse :
* Ecrire un avis un peu plus long que "'j'aime/j'aime pas". Nine nous recommande 200 à 300 mots.
Ma réponse : Même en faisant l'inventaire des blogs les plus nases all over
the world, je ne sais pas quel blogueur dit simplement " j'ai aimé" ou "je n'ai pas aimé" dans ses billets. Ma théorie est donc que Nine lit des blogueurs agés entre 9 et 13 ans. Et vues ses lectures, ça se tient.
* Etre professionnel quand on demande un partenariat : se présenter, présenter son blog et le genre littéraire que l'on
affectionne et ne pas oublier de donner ses statistiques. Et surtout éviter les fautes d'orthographe.
Ma réponse : On a donc bien confirmation que Nine lit des blogs tenus par
des mômes de 10 ans et demi qui font des fautes jusque dans leurs mails.
* Faire les chroniques des livres reçus parce que c'est plus "professionnel". Nine kiffe le mot "professionnel", répété 2506 fois dans sa vidéo.
Ma réponse : Et c'est clair que tenir un blog de lecture est une profession,
c'est bien connu.
* Miser sur l'aspect visuel du blog et faire un page d'accueil hyper élaborée.
Ma réponse : Et ajouter sur la page d'accueil du blog qu'en cas de
mécontentement des partenaires, on se mettra une plume dans le cul et on fera la roue pour s'excuser.
* Accepter tous les partenaires, même ceux qui nous plaisent moins.
Ma réponse : Nabilla, enlève ta perruque blonde, on t'a reconnu.
* Faire avant tout un blog par passion et pas pour les livres gratuits.
Ma réponse: Alors pourquoi faire cette vidéo ?
Mon message final à Nine :
Soyons clairs, ce qui me gêne dans cette vidéo, ce n'est pas tellement dans les conseils donnés par cette blogueuse qui tombent sous le sens, pour
tout dire. Mais c'est plutôt que la blogosphère en soit réduit à cela : un vaste marché de putes blogueurs en tout genre à la recherche de
partenaires ahum.... Je trouve personnellement que cela détruit l'idée même à la base du blog qui est le partage, l'échange autour de la
lecture. Ce genre de vidéos - qui répond à une demande et de cela, je n'ai aucun doute-, c'est de pervertir la blogosphère. Avoir des partenaires, c'est une bonne chose ahum bis..., mais cela ne devrait être qu'un "plus" et non une fin en
soi. On voit déjà les conséquences du nombre important de partenariats sur les blogs :
- certains blogueurs complètement cons se jalousent. So pathetic.
- certains blogs ont perdu leur
indépendance et sont devenus de véritables vitrines de maisons d'édition.
- ce sont les mêmes livres souvent pourris de la moule que l'on trouve
partout sur la blogosphère.
Ce blog a connu une interruption brutale sans avoir prévenu
qui que ce soit car je fais ce que je veux n'ai pas bien géré ces dernières semaines avant le départ. Voici donc la raison de cette pause
bloguesque qui, je suis sûre, vous aura pas du tout manqué:
J'ai mangé avec des baguettes. Enfin j´ai essayé....
Contrairement à Dominique Noguez, j'ai vu des tas de choses à Kyoto.
J'ai eu l'impression d'être une princesse Disney à Nara où les biches se promènent dans la ville tranquillement et se
laissent approcher par les visiteurs sans problème.
Ou quand la réalité dépasse la fiction....
J'ai joué à "Où est Charlie la chasse d'eau ?" à
chaque fois que je suis rentrée dans des WC.
J'ai été traumatisée dans un maid café par une soubrette serveuse qui me demandait de faire des cœur avec les doigts et "miaou miaou" ensuite over
flippant... Du coup, j'ai écopé de cinq mois minimum de psychothérapie.
J'ai été traumatisée bis par une fille
engoncée dans un uniforme des années 50 dont le travail consiste à appuyer sur le bouton dans l'ascenseur et d'annoncer aux gens au cas où ils
seraient hyper cons ou alzheimer l'étage.
J'ai vu la statue d'Hachiko à Shibuya et
j'ai failli pleurer ma race.
J'ai craqué mon budget de l'année en cosmétiques.
J'ai eu un petit aperçu des nuits éternelles tokyoites.
Je me suis longuement interrogée sur les critères de beauté japonais : peau diaphane photoshoppée à mort, lentilles de
couleurs et cheveux décolorés. Occidentaux, les critères quoi.
J'ai séjourné dans l'hôtel de Lost in translation -le Park Hyatt Hotel - où
:
Cela fait trois ans que je blogue ce qui me provoque cette réaction :
Mais cela fait aussi trois ans que j'ai toujours le même nombre de lecteurs : deux dont l'un d'entre eux est ma mère donc je ne sais pas si ça compte. Quant à l'autre lecteur, voici mon message personnel :
De ce fait, étant donné que tout le monde ouvre un blog de lecture c'est-à-dire
qu'on n'ose plus appeler cela "blog de littérature"..., il
serait bon que je partage mes secrets avec les petits nouveaux pour devenir un blogueur-looser. C'est parti:
Conseil n°1: Accepter des SP... et ne jamais les lire.
Pour le blogueur-looser c'est-à-dire moi...je précise pour les quiches qui ne
suivent pas, comme pour n'importe quel blogueur, les partenariats, c'est "choupi-baby-cool-yeah !". Mais encore faut-il les honorer, aqua lire les livres et en faire un billet
avec un avis "choupi-baby-cool-yeah!". C'est là que cela se gâte... Si tu veux devenir un looser, et bien il faudra suivre cette règle à la lettre : accepter les partenariats et laisser moisir
les livres dans un coin. Personnellement, je préfère lire le dernier "fouette-moi-ordure-jusqu'à-ce-que-je-voie-un-éléphant-rose" plutôt que La solitude des steppes slaves, la dernière bouse production d'un auteur français à la con mode... Ou pire, le dernier chef d'oeuvre d'un
auteur-FB-blogueur qui a intitulé sa saga d'un nom hyper profond du genre : La trilogie du vampire de la lune noire.ce titre, c'est beau
comme une chanson de Céline Dion, non ?
Conseil n°2: Ne pas faire de sondage de satisfaction
Le blogueur-looser donc toujours moi ne fait pas de sondage de
satisfaction parce qu'il trouve cela à la fois affligeant et ridicule. A tort sans doute....En effet, en même temps que leurs poils pubiens, il semble que des jeunes-blogueurs-stars prononcez cette expression avec la bouche légèrement entrouverte et la bave aux lèvres voient leur melon pousser. Certains d'entre eux lancent en effet
leurs propres sondages de satisfaction, genre "dites-moi ce que vous n'aimez pas sur mon blog et je te dirai quel con tu es". Une question
me taraude: si on n'est pas satisfait de leurs blogs, est-ce qu'ils viennent chez vous pour vous faire une turlute/un cuni/un couscous histoire de se faire pardonner ?
Conseil n°3: Acheter ses livres sur Amazon
Pour commencer, un blogueur qui achète ses livres, cela devient juste LOL
rarissime et c'est là toute l'hypocrisie du débat. Si vous
achetez vos livres sur Amazon et que vous le dites, vous serez considérés, tel Cahuzac, comme un traitre à sa propre cause, un vendu, une ordure, un ersatz de nazi favorable à l'extermination des
libraires. Un parfait looser en somme... Aussi, même si tu n'as pas de librairie dans ta ville et bien, tu ne dois surtout pas aller sur Amazon the big villain. A la place, tu peux arrêter de bloguer option parfaite de looser et te suicider mettre au macramé.
Conseil n°4: Avoir une bonne hygiène sexuelle de
vie
Les blogueurs-stars ne font pas du sexe tous les jours, voire, pour certains,
jamais. Du coup, ça les rend d'humeur chafouine, d'où une certaine capacité à provoquer des dramas risibles sur FB. N'importe
quelle cause est bonne au drama : le fait que certains blogueurs se la pètent trop avec leurs SP, que d'autres ne lisent que des livres YA, que Milady arrête leurs séries, que Amazon ne
respecte pas le droit ou qu'un auteur vienne dire en commentaire qu'un blogueuse est une morue après une critique négative...Si tu es un blogueur-looser, tu auras une bonne hygiène de vie,
aqua "une bite voire plus par jour" à rajoutez en complément des "cinq fruits et
légumes par jour", ce qui te fera passer au septième ciel bien au-dessus de ces dramas auxquels, de toute façon, tu ne comprends
rien.
Conseil n°5: Dire ce que tu penses des livres
Le blogueur-looser dit toujours ce qu'il pense et bien plus encore
parfois. Il ne maitrise pas les règles de la blogo qui veut que quand on n'aime pas un livre :
-soit on ne fait pas de billet sur le livre WTF ?
-soit on utilise un vocabulaire euphémisant à l'extrême pour dire que le livre est moisi du cul. Par exemple : "ce livre ne
m'a pas séduit"/"je ne suis pas parvenu à rentrer dans l'univers de l'auteur"/"l'auteur décrit un univers trop complexe pour moi" l'option
"flattez l'auteur en se faisant passer pour un con" est très bien. /"Je suis restée en dehors de l'histoire".
Le blogueur-looser a le tact de Mélenchon et la finesse de Johnny
Hallyday aussi, pour lui, pas d'euphémisme : une croûte est une croûteest une croûte est
une croûte...bon j'arrête...
Voilà pour les premiers conseils pour devenir un looser !